Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Jacques Beauchamp
Audio fil du mercredi 4 septembre 2019

Les mennonites, ces reclus qui ont si remarquablement su s’intégrer

Publié le

Une mennonite assise devant la vitrine d'un commerce, à côté d'un graffiti bleu illisible, regarde la caméra.
Une mennonite assise devant un commerce à Asuncion, au Paraguay, en 2014.   Photo : The Associated Press / Jorge Saenz

Pour les adeptes de ce mouvement chrétien né de la réforme protestante, la vie doit être vécue comme celle des premiers chrétiens : pacifiquement, et en fonction de la terre et de la communauté. Ce qui leur a valu la persécution au 16e siècle a plus tard fait d'eux des pionniers de l'agriculture, de l'aide internationale et du mouvement coopératif. Catherine Foisy, professeure en sciences des religions, raconte à Jacques Beauchamp comment les mennonites se sont transformés au fil des migrations, et comment ils ont contribué à façonner le Canada.

Mouvement anabaptiste – donc qui refuse de baptiser les enfants –, le mennonitisme reconnaît la puissance de la grâce, de la foi et des écritures, mais pas l’incarnation du Christ dans le pain et le vin. Surtout, il réclame une séparation entre le politique et le spirituel.

Menno Simons (1496-1561).
Menno Simons (1496-1561), fondateur des mennonites   Photo : Domaine public / Hugo Bürkner

Un christianisme qui dérange

Quand, en 1525, à une époque où le clergé et l’État marchent main dans la main, les premiers anabaptistes quittent Zurich pour s’isoler en Moravie (la République tchèque actuelle) afin de réaliser leur idéal, cette doctrine dérange l’ordre établi.

La prise d’assaut d’un monastère par des anabaptistes se solde par un massacre, et le Hollandais Menno Simons abandonne son rôle de prêtre catholique pour devenir leur leader. Son influence s’étend rapidement, notamment en Allemagne.

Exils en série

Mal perçus pour leur propension à la désobéissance civile, les mennonites émigrent en Alsace, en Ukraine et en Russie, mais aussi en Amérique. Le Canada accueille différentes vagues à partir de 1776 – notamment celle qui fuit la révolution américaine –, tandis que le Brésil, le Paraguay et le Mexique constituent un refuge pour les branches les plus conservatrices.

Deux hommes à barbe blanche dans la rue.
L'Ouest du Canada a été une destination de choix pour les Mennonites dès 1683. La liberté de religion et les terres à cultiver les ont aider à faire ce choix Photo : Gracieuseté Alberta Genealogical Society

Le Canada, une terre d’accueil

Attirés au Canada par la qualité de ses terres agricoles et la promesse d’une autonomie culturelle et éducative, ils s’installent au Manitoba, dans la vallée du Niagara, ainsi qu’en Saskatchewan. Ils sont les premiers à faire pousser le blé dans des champs éloignés de zones boisées et à cohabiter pacifiquement avec les Métis, notamment.

Ils sont passés de ce qu'on pouvait [appeler] les silencieux du pays – des gens retirés dans leurs terres – aux bruyants du pays. Ce sont des gens qui, […] depuis le début du 20e siècle, ont embrassé des questions politiques. Maintenant, l’écrasante majorité des mennonites votent. Ils sont engagés, ils font du lobbying en faveur, entre autres, du maintien de la paix. Ils ont développé des [établissements] d’enseignement qui vont de l’école primaire à l’université. Dans plusieurs endroits, ils ont mis en place des programmes axés sur le développement international [et] publient également des revues qui font la promotion de ces idées-là.

Catherine Foisy
Des mennonites manipulent trois charrettes en bordure d'une route.
Des membres de la communauté mennonite du Vieil Ordre, au Manitoba   Photo : CBC/Karen Pauls

Adaptation exemplaire

Si la plupart des mennonites ont conservé le mode de vie rural jusqu’au début du 20e siècle, une infime minorité, soit de 10 à 20 communautés, ou 2 % des 200 000 mennonites au pays, s’y accroche encore aujourd’hui, préférant le développement communautaire ainsi que la célébration du chant choral et de la musique.

Selon Catherine Foisy, on peut dire de ces cousins éloignés des amish qu’ils ont su trouver l’équilibre idéal entre le respect des croyances ancestrales et l’adaptation au monde moderne.

Chargement en cours