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Jacques Beauchamp
Audio fil du lundi 17 juin 2019

Les Américains sur la Lune : Apollo 11, une mission spatiale risquée

Publié le

Buzz Aldrin, photographié par Neil Armstrong, le 20 juillet 1969.
Une photographie de Buzz Aldrin sur la Lune, prise le 20 juillet 1969 par Neil Armstrong.   Photo : NASA / NASA/NEIL A. ARMSTRONG

« Il y avait quelque chose d'absolument audacieux de prétendre qu'on allait réussir à atteindre la Lune », note l'astrophysicien Robert Lamontagne à propos du souhait qu'avait formulé le gouvernement américain au début des années 1960 d'envoyer un homme sur le satellite naturel de la Terre. En fait, dans les mois qui ont précédé le 20 juillet 1969, date à laquelle Neil Armstrong a posé les pieds sur la Lune, le gouvernement américain et la NASA ont pris beaucoup de risques, qu'on « ne prendrait plus aujourd'hui » en ce qui concerne la conquête spatiale.

Motivés par les avancées de leur grand rival soviétique en matière de conquête spatiale, les États-Unis, conscients de leur retard, se sont lancés en 1961 dans une véritable course à la Lune, souligne Robert Lamontagne.

« Les Soviétiques avaient réussi le lancement du premier satellite, du premier homme dans l’espace, de la première femme dans l’espace, de la première marche dans l’espace. Donc, il fallait gagner quelque chose, marquer un point finalement. Et le point ultime, c’était d’atteindre la Lune », explique le coordonnateur du Centre de recherche en astrophysique du Québec.

L'empreinte de Neil Armstrong laissée dans le sol sur la Lune.
La fameuse empreinte de Neil Armstrong laissée dans le sol sur la Lune le 20 juillet 1969 Photo : Getty Images/NASA

Robert Lamontagne ajoute que le rythme des lancements qui ont précédé celui de la mission Apollo 11 a été effréné. « On n’a qu’à se souvenir un peu des missions de navette spatiale, qui étaient espacées de plusieurs mois. Parfois, il pouvait y avoir un seul lancement dans une année. Alors que là, coup sur coup, de décembre 1968 à juillet 1969, on a eu Apollo 8, 9, 10 et finalement Apollo 11. Donc, c’était un rythme très, très grand. »

Selon l’astrophysicien, les Américains se sont rendus sur la Lune avec des équipements qui avaient, en 1969, été jusqu’alors très peu testés.

Apollo 9 et Apollo 10, c’était des missions de répétition avec un module lunaire qui n’était pas fonctionnel, qui n’aurait pas pu atterrir sur la Lune, et revenir. Le module lunaire fonctionnel, c’était Apollo 11.

Robert Lamontagne, astrophysicien

Un alunissage pas comme prévu

Par ailleurs, Robert Lamontagne souligne que de nombreux problèmes sont survenus lors de l’alunissage le 20 juillet 1969. Aux pépins techniques – erreur de l’ordinateur de bord, problème de communication et de radar – s’en sont ajouté d’autres.

« Au moment même de se poser sur la Lune, Neil Armstrong, qui pilotait le module lunaire et qui avait pris les commandes en mode manuel plutôt que de laisser l’ordinateur de bord faire le travail, a découvert qu’il n’était pas au bon endroit. Il avait étudié les cartes du site d’atterrissage, et il connaissait l’endroit où il devrait atterrir. […] Il ne reconnaissait pas le terrain, et l’endroit où le module lunaire allait se poser était beaucoup plus accidenté que prévu », raconte l’astrophysicien.

Finalement, Buzz Aldrin et Neil Armstrong se sont posés sur la Lune, mais il restait moins de 30 secondes de carburant dans la sonde Apollo.

En fin de compte, note Robert Lamontagne, c’est l’orgueil des nations, et non la science, qui a motivé les États-Unis à vouloir conquérir la Lune. « Je me plais parfois à dire qu’on est allé sur la Lune pour les mauvaises raisons. […] La science, certainement dans [la mission] Apollo 11, arrivait en second lieu. Ensuite, dans les missions subséquentes, il y a eu davantage de science, […] mais initialement, c’était pour les Américains de réussir ce que les Soviétiques n’avaient pas fait. »

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