Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Jacques Beauchamp
Audio fil du mercredi 12 juin 2019

Emma Goldman : l’épopée d’une anarchiste

Publié le

Photo en noir et blanc d'une femme avec des lunettes posant la main sur le visage.
Emma Goldman   Photo : Domaine public

L'anarchisme a été au cœur de la vie d'Emma Goldman. C'était sa philosophie, un combat perpétuel. « Elle s'est opposée au pouvoir établi aux États-Unis, au communiste russe, à peu près à tout ce qui est au pouvoir », affirme la journaliste Claire Frémont, auteure d'un mémoire de maîtrise consacré à cette militante anarchiste connue mondialement à son époque.

Née en Russie en 1869 d’une famille modeste, Emma Goldman arrive aux États-Unis à 17 ans avec sa sœur aînée et s’installe à Rochester, dans l’État de New York. Employée dans une usine comme couturière, elle y découvre les mêmes conditions de travail déplorables que dans son pays natal.

Elle fréquente rapidement les milieux anarchistes américains. À 18 ans, elle quitte Rochester et son mari pour New York, où elle rencontre Johann Most, le chef de file de l’anarchisme américain, qui devient son mentor et amant.

Un peu plus de deux mois plus tard, elle enflamme la foule avec son premier discours. Au même moment, elle rencontre l’anarchiste Alexandre Berkman.

Chacun apporte à l’autre intellectuellement. […] Ils deviennent un couple de combattants.

Claire Frémont, journaliste
Photo en noir et blanc d'une femme et d'un homme qui tient des béquilles dans ses mains.
Emma Goldman et Alexandre Berkman   Photo : Domaine public

Cependant, en 1892, Alexandre Berkman est condamné à 22 ans de prison pour avoir tenté d’assassiner Henry Clay Frick, un industriel. Emma Goldman subit plus tard le même sort : elle est condamnée à un an de prison en 1893 pour incitation à l’émeute.

Après sa libération, elle se retrouve sans travail et décide de devenir sage-femme. Des mentors lui paient ses cours en Europe.

C’est mal connaître Emma Goldman que de penser qu’elle est allée sagement suivre ces cours. Elle se promène un peu partout, elle en profite pour rencontrer ses idoles. […] Elle va à Vienne et elle entend parler des conférences d’un certain Sigmund Freud.

Claire Frémont, journaliste

De retour aux États-Unis au printemps 1896, elle continue de donner ses conférences et se retrouve mêlée malgré elle à l’enquête sur la mort du président William McKinley. L’assassin de ce dernier, Leon Czolgosz, affirme que l’activisme politique d’Emma Goldman l’a inspiré. Les autorités américaines emprisonnent Emma Goldman, mais la libèrent, faute de preuves.

Photo en noir et blanc d'un homme derrière des barreaux.
Leon Czolgosz   Photo : Library of Congress

En 1906, Emma Goldman retrouve Alexandre Berkman qui sort de prison. Cette même année, elle crée la revue anarchiste Mother Earth, publiée jusqu’en 1917.

C’est une revue importante, dans laquelle tous les grands penseurs de l’anarchisme ont écrit et qui a beaucoup d’influence. Emma Goldman s’est mise à écrire beaucoup aussi après ça, et un bon nombre de ses articles ont été repris dans des livres.

Claire Frémont, journaliste

Après le déclenchement de la Première Guerre mondiale, Emma Goldman milite contre la conscription. Les autorités américaines l’envoient en prison pour son opposition à la guerre. À sa sortie, ils lui enlèvent sa nationalité américaine et la déportent en Russie en 1919.

Les communistes sont au pouvoir dans son pays d’origine depuis 1917. Emma Goldman espère beaucoup de cette révolution, mais elle est rapidement désenchantée par le régime bolchévique. Après une répression d’anarchistes par Lénine, elle quitte la Russie en 1922.

Apatride, Emma Goldman erre en Europe où elle donne des conférences jusqu’en 1939. Le climat en Europe étant invivable pour les juifs, elle s’établit à Toronto, où elle meurt le 14 mai 1940.

Chargement en cours