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Jacques Beauchamp
Audio fil du jeudi 6 juin 2019

Jimmy Hoffa, l’omnipuissant patron du syndicat des Teamsters américains

Publié le

Photo en noir et blanc d'un homme assis devant une affiche avec l'inscription James R. Hoffa Teamsters.
Jimmy Hoffa en 1959   Photo : Associated Press

Au faîte de sa popularité, dans les années 1960, Jimmy Hoffa a fait bondir le nombre de membres des Teamsters à 2 millions et a fait tripler le salaire des routiers. Le président de ce syndicat était un homme puissant dont la proximité avec le crime organisé a fini par déranger Washington et a conduit à sa perte. Les autorités soupçonnent la mafia d'être responsable de sa disparition, survenue en 1975. La politologue Karine Prémont nous présente le singulier parcours de ce chef syndicaliste.

Jimmy Hoffa naît en 1913 en Indiana. Son père travaille dans les mines de charbon et meurt jeune. Hoffa est alors confronté très tôt aux conditions de travail misérable des gens.

Dès son premier emploi [vers 1930], il organise sa première grève, il n’a pas 20 ans. […] Il gagne sa cause, ce qui lui donne très rapidement un certain prestige.

Karine Prémont, politologue

C’est ainsi que le syndicat des Teamsters le remarque. Le local 299, à Détroit, le recrute et met à profit ses qualités de leader et d’organisateur.

La méthode Hoffa

Orateur talentueux et très charismatique, Jimmy Hoffa est totalement dévoué à la cause des travailleurs.

Il privilégie les grèves éclair, les boycottages, les actions courtes, rapides, imprévisibles. Il n’annonce pas à l’avance ses coups. […] Les négociations sont souvent très violentes.

Karine Prémont, politologue

Rappelons tout de même que le patronat ne se prive pas pour utiliser aussi des fiers-à-bras pour intimider les travailleurs dans certaines manifestations.

Deux hommes en veston paradent avec d'autres hommes en chemise et qui tiennent des banderoles.
Jimmy Hoffa (en veston à gauche) parade avec des délégués de l’International Brotherhood of Teamsters à Miami, en 1957. Photo : Associated Press

Jimmy Hoffa devient officiellement président des Teamsters en 1957. Dès son arrivée, un bras de fer se dessine avec John et Robert Kennedy, qui l’accusent de fréquentations douteuses.

Le gouvernement fédéral, à ce moment-là, est déterminé à affaiblir, voire à détruire le crime organisé aux États-Unis.

Karine Prémont, politologue

Dans les années 1960, l’étau se resserre autour du chef syndicaliste. Il subit un premier procès en Floride en 1961, et un deuxième l’année suivante à Nashville.

En 1964, le vent tourne. À la suite du procès à Nashville, Hoffa est accusé d’avoir tenté d’acheter les membres du jury. […] Il est trouvé coupable et écope d’une sentence de huit ans de prison et d’une amende de 10 000 $. C’est le début de la fin pour Hoffa.

Karine Prémont, politologue
Un homme est interviewé par un journaliste qui tient un micro. Cinq autres hommes les entourent et les regardent.
Jimmy Hoffa répond aux questions d'un journaliste après une séance en cour, en 1964. Photo : Associated Press/Chattanooga News-Free Press

La même année, il est reconnu coupable et condamné à cinq ans de prison à Chicago pour fraude et conspiration. En 1967, Jimmy Hoffa est envoyé à la prison fédérale de Lewisburg, en Pennsylvanie, pour purger ses deux peines consécutives.

Le président Richard Nixon, qui cherche l’appui des Teamsters pour sa réélection, lui accorde un pardon en 1971.

Une disparition mystérieuse

Le 31 juillet 1975, Jimmy Hoffa a rendez-vous à 14 h avec les mafieux Anthony Giacalone et Anthony Provenzano, au restaurant Machus Red Fox, en banlieue de Détroit. Le syndicaliste n’est jamais rentré chez lui.

Aujourd’hui, les autorités retiennent une théorie pour expliquer sa disparition : Jimmy Hoffa aurait été assassiné sur l’ordre du chef mafieux Russell Bufalino.

Son corps n’a jamais été retrouvé et aucune accusation n’a été portée contre un ou des suspects dans cette affaire.

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