Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Jacques Beauchamp
Audio fil du lundi 3 juin 2019

Abraham Lincoln, le premier président américain assassiné

Publié le

Dessin représentant un homme debout derrière Abraham Lincoln assis et qui lui tire dessus dans la nuque. À ses côtés sont assises deux femmes et un homme debout lève le bras pour arrêter le tireur.
Lithographie de l'assassinat du président Abraham Lincoln au théâtre Ford, à Washington, le 14 avril 1865.   Photo : Wikipédia

Le 14 avril 1865, le président Abraham Lincoln (1861-1865) a été assassiné alors qu'il assistait à une pièce de théâtre à Washington. Cet assassinat politique, survenu quelques jours après la fin de la guerre de Sécession, avait pour but de venger les États du Sud. L'événement sans précédent a profondément marqué le peuple américain. La professeure d'histoire Mylène Desautels explique dans quel contexte ce premier assassinat d'un président américain a eu lieu et quelles en ont été les conséquences.

Abraham Lincoln, du parti républicain, a été élu président des États-Unis pour la première fois en 1860, mais son élection a provoqué la sécession de 11 États du Sud des États-Unis, entraînant le début de la guerre de Sécession. Ces États s’opposaient aux volontés du parti républicain de freiner l’expansion de l’esclavage vers l’ouest.

En 1864, Lincoln a facilement été réélu à la tête des États-Unis. Il lui a néanmoins fallu batailler pour faire adopter le 13e amendement de la Constitution, soit celui sur l’abolition de l’esclavage.

Mylène Désautels explique qu’au moment de sa mort, Abraham Lincoln était un président très apprécié des Américains. Il était celui qui avait réussi à maintenir l’Union des États-Unis d’Amérique avec la guerre de Sécession et grâce à l’abolition de l'esclavage.

Son assassinat brutal et spectaculaire, au moment où le pays pleurait ses morts de la guerre, a aussi touché le peuple américain.

Photo d'Abraham Lincoln qui pose, assis sur un fauteuil.
Dernière photographie d'Abraham Lincoln prise avant sa mort, le 15 avril 1865.   Photo : Wikipédia

Assassinat politique

L’assassin d’Abraham Lincoln, John Wilkes Booth, était un acteur de théâtre très connu à l’époque qui, dès le début de la guerre de Sécession, avait soutenu les États du Sud.

À l’automne 1864, alors que la guerre était sur le point d'achever, Booth a dans un premier temps planifié d’enlever le président Lincoln afin de négocier de meilleures conditions pour le Sud qui était en difficulté sur le front.

Toutefois, l’idée de l’enlèvement a dû être abandonnée lorsque la guerre s'est terminée. Booth a alors envisagé d’assassiner le président, le vice-président et le secrétaire d’État.

L’assassinat s’est organisé très rapidement lorsque Booth, aidé de complices, a appris que le couple Lincoln venait assister le jour même à une pièce au théâtre Ford, à Washington, où Booth avait l’habitude de jouer.

Le soir du 14 avril 1865, une fois la pièce de théâtre commencée, Booth a ouvert la porte de la loge présidentielle, mal gardée, et a tiré à bout portant dans la nuque du président.

De la loge, Booth a ensuite sauté sur la scène et s'est enfui à cheval. Le président Lincoln a quant à lui été transporté dans une pension en face du théâtre, où il est mort le lendemain matin, le 15 avril 1865.

Dessin en couleur montrant la loge présidentielle du Théâtre Ford avec le président, sa femme et deux invités, tous de dos, et le tireur, de profil derrière Lincoln, qui tire dans sa nuque.
Le président Abraham Lincoln, accompagné de sa femme et de deux invités, au moment de son assassinat lors de la représentation de la pièce Our American Cousin.   Photo : Wikipédia

Nouvelle donne politique

L’assassinat d’Abraham Lincoln a changé la donne politique au moment où le pays amorçait sa reconstruction à la suite de la guerre de Sécession.

C’est le vice-président de Lincoln, Andrew Johnson, qui en a eu la charge en devenant président des États-Unis. Mylène Desautels souligne que celui-ci n’avait toutefois ni les habiletés politiques ni les idées progressistes de Lincoln, et ce sont les droits des Noirs qui en ont fait les frais.

Si les Noirs avaient été libérés de l’esclavage grâce à Lincoln, ils sont néanmoins restés soumis sous Johnson. Ce dernier a refusé de leur accorder la citoyenneté et le droit de vote, et Mylène Desautels explique que son plan de reconstruction très timide a permis aux États du Sud d'adopter les Codes noirs, qui limitaient les droits civiques des Noirs.

C'est finalement grâce au Congrès, contrôlé par les républicains « radicaux », que les Noirs ont obtenu la citoyenneté et le droit de vote (14e et 15e amendements de la Constitution). Le Congrès a en effet tenu tête à Johnson, en refusant sa complaisance avec le Sud et en imposant une reconstruction « radicale ».

Chargement en cours