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Jacques Beauchamp
Audio fil du mercredi 29 mai 2019

Le difficile second mandat du gouvernement Lévesque, de 1981 à 1985

Publié le

Photo en noir et blanc d'un homme de côté qui pointe le doigt vers l'avant.
René Lévesque   Photo : La Presse canadienne / JACK PICKETTS

Le 19 janvier 1985, un sondage a révélé que près d'un Québécois sur deux souhaitait la démission du premier ministre de l'époque, René Lévesque. C'était le début de la fin du règne de ce politicien, après un deuxième mandat extrêmement éprouvant pour l'équipe péquiste. Le politologue et historien Jean-Charles Panneton, auteur des deux tomes du Gouvernement Lévesque (Les éditions du Septentrion), explique comment les difficultés vécues par le Parti québécois (PQ) ont marqué ce deuxième mandat.

Le contexte constitutionnel

Dans la nuit du 4 au 5 novembre 1981, un accord constitutionnel est conclu entre Ottawa et les provinces, sans l'approbation du Québec. Dans la foulée de cette trahison subie par le Québec, les membres du PQ proposent, lors d’un congrès en décembre 1981, que la réélection du gouvernement péquiste enclenche automatiquement le processus d’accession à l’indépendance. René Lévesque, voulant renverser cette proposition, menace de démissionner; il affirme qu’on ne peut pas réaliser la souveraineté à la suite d’une simple élection, que ce geste est antidémocratique.

Sa proposition est acceptée à 95 %, mais cette crise laisse des marques importantes au Parti québécois, qui perd de nombreux membres.

Un contexte économique grave

En plus des tensions politiques au sein du parti au pouvoir ainsi qu’entre la Belle Province et le reste du pays, le Québec se trouve dans une crise économique; plus de 450 000 Québécois vivent de l’aide sociale et près de 500 000 sont au chômage. Les taux d’intérêt et les taux hypothécaires frôlent les 18 %. René Lévesque tente donc de contrer tant qu’il peut cette crise avec diverses mesures économiques.

En 1982, le gouvernement Lévesque impose une centaine de conventions collectives non négociées au secteur public. Avant le référendum de 1980, le gouvernement avait accordé aux syndicats et aux employés de l’État de très généreuses conventions collectives. Le contexte économique du deuxième mandat rend difficile le paiement de l’ensemble de ces conventions.

C’est une décision catastrophique qui marque longtemps le Parti québécois et ce gouvernement.

Jean-Charles Panneton

L’étoile de René Lévesque et celle du Parti québécois pâlissent. En 1982, des sondages indiquent que la popularité de René Lévesque s’effrite. Pierre-Marc Johnson obtient de meilleurs résultats dans les sondages. Plusieurs ministres s’allient dès lors à lui.

Le « beau risque »

En septembre 1984, le Parti conservateur de Brian Mulroney est élu à Ottawa. René Lévesque veut alors donner une chance, qu’il appelle le « beau risque », au nouveau gouvernement fédéral de négocier une nouvelle entente constitutionnelle.

Un vent d’espoir souffle. Mulroney se veut rassembleur. Mulroney est, je pense, sincère dans sa volonté de vouloir rapatrier le Québec dans la constitution canadienne, […] de réparer ce qui a été brisé en 1982.

Jean-Charles Panneton
Photo en noir et blanc de deux hommes qui se parlent d'assez près.
Brian Mulroney et René Lévesque en 1985. Photo : La Presse canadienne

René Lévesque veut aller de l’avant avec ce « beau risque » et mettre en veilleuse la souveraineté, mais il refuse de consentir des concessions sur cette question avec le parti. Douze ministres et députés démissionnent, dont Jacques Parizeau et Camille Laurin. Le leadership de René Lévesque est contesté ouvertement. Au début de l’été 1985, il décide de démissionner. Pierre-Marc Johnson prend la relève et devient chef du PQ.

Après son départ de la vie politique, René Lévesque publie son autobiographie, Attendez que je me rappelle…, en 1986. Il voyage beaucoup. Il meurt à 65 ans le 1er novembre1987, à Montréal.

Le gouvernement Lévesque, tome 1 : de la genèse du PQ au 15 novembre 1976, Jean-Charles Panneton, Les éditions du Septentrion, 2016

Le gouvernement Lévesque, tome 2 : du temps des réformes au référendum de 1980, Jean-Charles Panneton, Les éditions du Septentrion, 2017

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