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Jacques Beauchamp
Audio fil du mardi 28 mai 2019

L’histoire du Canadien National, étroitement imbriquée à celle du Canada

Publié le

Photo en noir et blanc d'une locomotive de train du Canadian National avec un homme dans la cabine avant.
Une locomotive du Canadian National en 1930   Photo : Getty Images / Hulton Archive

Rapidement dans son histoire, le Canadien National (CN) est devenu bien plus qu'une simple compagnie de chemin de fer, mais un véritable agent de développement économique et social au Canada, voire un symbole fort de l'unité nationale du pays. « On ne peut pas imaginer le Canada comme entité politique sans la construction d'un certain nombre d'infrastructures de transport. Jusqu'aux années 1970, le chemin de fer est la fondation de tous les liens économiques qui se font au pays », affirme l'historien John Willis, conservateur en histoire économique au Musée canadien de l'histoire à Gatineau.

C’est dans les années 1860, alors que se dessine la Confédération canadienne, qui se concrétise en 1867, que l’idée d’un chemin de fer s’incruste dans l’esprit des politiciens de l’époque.

La création du CN obéit alors à un motif politique et à une urgence économique. Le gouvernement affirme qu’il ne faut pas se fier à une seule grande compagnie ferroviaire, soit le Canadien Pacifique (CP). Un autre transporteur est nécessaire afin de créer de l’équilibre dans le développement du pays.

De toute manière, les compagnies ferroviaires privées sont dans un pétrin financier. Le gouvernement fédéral procède donc à la nationalisation de cinq de ces compagnies, de 1916 à 1923.

Un transporteur efficace

Le CN transporte de manière efficace des gens et, surtout, du blé des trois provinces de l’Ouest dans les années 1920. Les villes de Saskatoon, d’Edmonton et de Winnipeg sont développées économiquement notamment grâce à son influence.

À la fin des années 1920, le quartier montréalais de Pointe-Saint-Charles compte de 2000 à 2500 ouvriers travaillant pour le CN. À Rivière-du-Loup, une ville de moins de 9000 habitants à l’époque, de 600 à 700 personnes sont employées par la compagnie.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, le CN assure le transport de troupes vers Halifax, lieu d’embarquement pour le front en Europe. Il participe aussi à l’effort de guerre en transportant de la bauxite de Portland au Maine jusqu’à Arvida, au Saguenay, pour la fabrication de l’aluminium servant à l’aviation militaire.

L’âge d’or du CN a lieu après la Seconde Guerre mondiale et le boom économique qui suit le conflit, mais à partir des années 1960, le développement du transport routier et de l’industrie du camionnage amorcera lentement le déclin de la compagnie ferroviaire.

Une femme monte dans un train.
Un train de banlieue du CN durant les années 1980. Photo : Radio-Canada

Une tour célèbre

En 1976, la tour du CN est érigée à Toronto et incarne le prestige, bien que déclinant, de la compagnie.

« Le CN choisit de s’établir à Toronto, car la Ville Reine, dès les années 1970, est reconnue comme le centre financier, la locomotive économique du Canada. Ce n’est pas Montréal, quoique Montréal demeure le siège social du CN depuis les années 1920. »

John Willis, historien
Une vue du centre-ville de Toronto, avec la tour du CN, au centre.
La tour du CN, à Toronto. Photo : iStock/rabbit75_ist

La compagnie VIA Rail voit le jour en 1978. Pour le CP et le CN, qui sera privatisé en 1995, le transport de passagers n’est plus rentable, surtout depuis les années 1960, alors que le fret le demeure.

Aujourd’hui, le CN n’est plus ce qu’il a été pour les Canadiens. Les hôtels Château Laurier à Ottawa, Fort Garry à Winnipeg et MacDonald à Edmonton sont tous associés à sa grandeur passée, et les usines ferroviaires, comme celle de Pointe-Saint-Charles, ont disparu.

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