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Jacques Beauchamp
Audio fil du jeudi 23 mai 2019

Le bed-in pour la paix de John Lennon et Yoko Ono à Montréal en 1969

Publié le

John Lennon et Yoko Ono lors du <em>bed-in</em> au printemps 1969
John Lennon et Yoko Ono lors du bed-in au printemps 1969   Photo : La Presse canadienne

Du 26 mai au 2 juin 1969, John Lennon et Yoko Ono ont tenu à Montréal un bed-in pour la paix, un concept qu'ils ont inventé quelques semaines auparavant. La chanson Give Peace a Chance a été immortalisée lors du séjour du couple à l'hôtel Le Reine Elizabeth. De la célèbre suite 1742 de l'hôtel, Jacques Beauchamp revisite cet événement avec la journaliste culturelle Marie-Christine Blais, l'historien Carl Bouchard et le journaliste Gilles Gougeon, qui était sur place à l'époque. « J'ai été journaliste pratiquant pendant 55 ans et c'est l'entrevue la plus imprévisible, la plus incroyable que j'ai eu à faire », raconte-t-il.

Photo en noir et blanc d'une porte sur laquelle il est écrit 1742 suite John-Lennon et Yoko Ono.
La porte de la suite 1742 à l'hôtel Le Reine Elizabeth à Montréal Photo : Radio-Canada/Christian Côté

À la fin des années 60, nouvellement mariés, John Lennon et Yoko Ono lancent une campagne de publicité pour la paix en forme de bed-ins. Le premier a lieu à Amsterdam, en mars 1969, dans la chambre 702 de l’hôtel Hilton. Leurs tentatives de répéter l’événement à Toronto et à New York se soldant par des échecs, ils se rabattent donc sur Montréal. L’époque est aux manifestations non violentes et à la résistance passive, et le bed-in de Montréal constitue une étape importante dans la vie du couple.

Photo en noir et blanc d'une chambre. Les mots hair peace et bed peace sont inscrits sur une fenêtre.
L'une des fenêtres de la suite 1742 du Reine Elizabeth à Montréal Photo : Radio-Canada/Christian Côté

Ils se mettent à être créateurs. Ils ont déjà un disque ensemble. Cette idée de l’installation, de la performance est vraiment leur début le plus publicisé à l’époque de leur rencontre comme artiste, et comme homme et femme.

Marie-Christine Blais

À cette époque, le mouvement d’opposition à la guerre laisse un peu tomber les armes nucléaires pour se consacrer à la guerre du Vietnam. Trois groupes s’affrontent chez les pacifistes : la vieille gauche pacifiste, une nouvelle gauche étudiante plus radicale et des mouvements modérés. Dans ce contexte, les bed-ins de John Lennon et Yoko Ono secouent ces mouvements pacifistes. Pour John Lennon, le bed-in est une manière de désarçonner le pouvoir, mais les milieux pacifistes accueillent assez mal cette manière de protester.

Un chaos créatif

Gilles Gougeon était dans la suite 1742 de l’hôtel Reine Elizabeth lors du bed-in, où régnait un incessant va-et-vient.

Nous étions de 200 à 300 membres des médias, des pseudo-journalistes, des gens qui arrivaient avec des guitares qui voulaient faire de la musique. […] On était dans un brouhaha absolument délirant et créatif.

Gilles Gougeon
Photo en noir et blanc d'un homme qui parle devant un micro. Des photos se trouvent sur le mur derrière lui.
Gilles Gougeon Photo : Radio-Canada/Christian Côté

Le journaliste réalise une entrevue exclusive avec John Lennon et Yoko Ono.

Je me suis donc retrouvé avec Yoko Ono et Lennon dans leur lit, avec le réalisateur et le preneur de son. […] Ce n’était pas une entrevue, c’est devenu une conversation qui a duré à mon avis 20 à 25 minutes. C’est resté imprimé en moi, mais ce que je retiens surtout, ce ne sont pas nécessairement les réponses de [John Lennon], c’est sa générosité, son ouverture, le plaisir qu’il avait de converser avec un gars qui avait à peu près son âge. De fait, si Lennon et moi on avait été Américains, on aurait été au Vietnam.

Gilles Gougeon

C’est dans cette suite que le producteur de disques André Perry enregistre Give Peace a Chance, qui devient rapidement un succès. En novembre 1969, le chanteur américain Pete Seeger l’interprète à Washington devant 500 000 personnes lors d’une manifestation contre la guerre au Vietnam. Elle se transforme alors en un hymne pour la paix.

Les suites

Après leur série de bed-ins, John Lennon et Yoko Ono ne rencontrent pas beaucoup de dirigeants politiques, mais le premier ministre du Canada Pierre Elliott Trudeau les reçoit chaleureusement en décembre 1969.

John Lennon, Yoko Ono et Pierre Elliot Trudeau se rencontrent à Ottawa en 1969.
John Lennon, Yoko Ono et Pierre Elliot Trudeau se rencontrent à Ottawa en 1969. Photo : La Presse canadienne/Peter Bregg

Ils poursuivent leurs actions de promotion de la paix dans le monde bien après 1969, et aujourd’hui, Yoko Ono continue cette œuvre.

Yoko Ono et John Lennon sont deux enfants de la Deuxième Guerre mondiale. Ce sont des gens qui ont connu dans leur chair la Deuxième Guerre mondiale, qui deviennent artistes et qui décident que la paix, on doit essayer de la faire, give peace a chance, et c’est la musique qui reste quand même au final.

Marie-Christine Blais

John Lennon, l’auteur-compositeur-interprète, acteur et apôtre de la paix tombe sous les balles de l’arme de Mark David Chapman le 8 décembre 1980 à New York. Dans le cours d’histoire de la paix au 20e siècle que donne Carl Bouchard, tous les étudiants connaissent sa chanson Give Peace a Chance. Ils ont 18 ans.

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