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Jacques Beauchamp
Audio fil du mercredi 22 mai 2019

La Terreur : tout pour préserver la Révolution française

Publié le

Une illustration ancienne montre une foule massée autour d'une guillotine en plein air.
Louis XVI est mort guillotiné le 21 janvier 1793 à Paris.   Photo : Domaine public

La Révolution française s'est déroulée en deux étapes : après la prise de la Bastille et la mise en place de l'assemblée révolutionnaire, on a considéré comme des ennemis du peuple les opposants à la révolution. Guillaume Mazeau, maître de conférences à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et membre de l'Institut d'histoire de la Révolution française, raconte en détail les faits entourant ce qu'on appelle la légende noire de la Révolution française.

Un mythe?

Dans l’imaginaire général, la Terreur, qui a eu lieu de 1793 à 1794, est une dictature sanguinaire dirigée par quelques hommes, dont Maximilien de Robespierre, qui ont envoyé à la mort une grande quantité de gens selon des critères subjectifs. Cette légende est mise en doute par les historiens depuis les années 1980 : la Terreur serait une fabrication politique de députés pour se débarrasser de Robespierre.

Portrait d'un homme du 18e siècle qui tient un chapeau contre son bras.
Maximilien de Robespierre   Photo : Domaine public

Ils comprennent que les populations sont fatiguées par ces violences, ils comprennent qu’on peut passer à un régime républicain plus modéré, et que pour faire accepter cette transition, ils inventent cette histoire-là.

Guillaume Mazeau

Les événements

Opposés à la peine de mort, comme Robespierre en 1789, les révolutionnaires, vers la fin de 1792, transgressent cependant petit à petit les libertés démocratiques pour assurer la Révolution, qui fait face à deux menaces : le soulèvement d’une partie des paysans dans l’ouest de la France (la Vendée) et les armées étrangères (anglaise, autrichienne et prussienne) qui envahissent le pays pour mettre fin à la Révolution après l’exécution du roi Louis XVI le 21 janvier 1793, un événement qui déstabilise les monarchies européennes.

Marie-Antoinette d’Autriche compte parmi les célèbres victimes de la Terreur, mais la population paie surtout le prix des exactions commises par les révolutionnaires.

Contrairement à ce qu’on imagine, les anciens nobles et les membres du clergé sont une petite minorité (10 %) des victimes de la Terreur judiciaire, c’est-à-dire qui sont condamnés par le tribunal révolutionnaire. […] En revanche, ça ne veut pas dire que les institutions fonctionnent n’importe comment et que la justice fonctionne n’importe comment. Jusqu’en mai 1794, pendant un an, la justice révolutionnaire acquitte presque la moitié des gens qui passent devant le tribunal révolutionnaire.

Guillaume Mazeau
Gravure d'un tribunal du 18e siècle.
Un tribunal révolutionnaire durant la Terreur   Photo : Domaine public

Les soulèvements et les violences ont surtout lieu dans l’ouest de la France, dans la vallée du Rhône, au sud du Massif central, et dans les régions montagneuses, où les populations sont attachées au catholicisme traditionnel et au roi.

Le paroxysme

En mai et en juin 1794, la justice accélère le pas et les exécutions se multiplient. Les amis de Robespierre sont exécutés (Georges Jacques Danton et Camille Desmoulins), car ils menacent trop la stabilité républicaine.

À ce moment-là, il n’y a qu’une personne sur cinq qui est acquittée par le tribunal révolutionnaire. Certains commencent à se dire qu’il faut cibler Robespierre et passer à autre chose.

Guillaume Mazeau

Les événements ne prennent pas fin avec l’exécution de Robespierre, en juillet 1794. Le soulèvement de l’ouest de la France dure jusqu’au début du 19e siècle, les guerres se poursuivent et le tribunal révolutionnaire continue à fonctionner.

Dessin en noir et blanc de deux hommes qui en placent un autre sur une guillotine, tandis qu'un troisième les regarde.
L'exécution de Maximilien de Robespierre Photo : Getty Images/Rischgitz

Les conséquences de la Terreur sont dramatiques et s’élèvent à 200 000 victimes civiles et à 35 000 à 45 000 personnes exécutées par les tribunaux révolutionnaires.

Politiquement, les projets de république sociale et démocratique seront repris par les révolutionnaires de 1848 et par les communards de 1871.

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