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La lutte du mouvement féministe pour la reconnaissance du travail des femmes à la maison

Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

Du lundi au jeudi de 20 h à 20 h 30

La lutte du mouvement féministe pour la reconnaissance du travail des femmes à la maison

Audio fil du mardi 21 mai 2019
Une femme accroupie sur le sol passe l'aspirateur sous un meuble en souriant légèrement.

Une femme passe l'aspirateur sous un meuble, vers 1955.

Photo : Getty Images / Three Lions

Dans les années 1970, la reconnaissance du travail des femmes à la maison a été l'une des principales batailles du mouvement féministe. À cette époque, des études ont évalué à près de 100 heures la semaine de travail type d'une femme à la maison, et le travail ménager représentait près du tiers du produit national brut canadien. Dans ce contexte, le mouvement féministe, appuyé par certains partis politiques, a réclamé un salaire pour les femmes qui travaillent à la maison. Camille Robert, doctorante en histoire à l'Université du Québec à Montréal (UQAM), retrace les grands moments de cette lutte.

Pour les féministes de l’époque, toutes les femmes, quelle que soit leur condition, ont en commun l’exploitation du travail ménager. Le statut de ménagère est une entrave à l’accession à l’emploi et à l’égalité au sein du couple hétérosexuel. Lorsque les femmes obtiennent des emplois sur le marché du travail, elles sont surtout confinées à des postes de secrétaires, d’infirmières, d’enseignantes et d’éducatrices à la petite enfance.

La lutte est menée par des groupes de féministes de la deuxième vague, plus radicaux que la Fédération des femmes du Québec et l’Association féminine d’éducation et d’action sociale (AFEAS). Le Front de libération des femmes du Québec et le Centre des femmes portent ce discours, notamment dans le journal Québécoises deboutte!.

Marxisme et salaire

Ces militantes appliquent le cadre d’analyse marxiste du travail aux occupations ménagères. Selon elle, les ménagères travaillent à temps plein et peuvent lutter contre le capitalisme, sans nécessairement intégrer les usines.

Ces militantes considèrent qu’en exigeant que cette masse de travail gratuit soit payée, […] il y aurait moyen de faire contrepoids à l’accumulation de profits par les patrons, par les États capitalistes.

Camille Robert, doctorante en histoire

Des partis politiques, dont le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Parti québécois (PQ), s’invitent dans le débat en proposant un salaire pour les femmes qui travaillent à la maison.

C’est fait plutôt dans une perspective nataliste, ça s’inscrit dans le cadre d’une politique familiale, pour relancer les naissances.

Camille Robert, doctorante en histoire

Des féministes marxistes proposent plus précisément que l’État impose les entreprises et utilise cet argent pour verser un salaire aux ménagères. D’autres suggèrent que le mari verse ce salaire à sa femme. Cette demande est abandonnée, car on considère que le salaire aurait enfermé les femmes au foyer.

De plus, la mobilisation et les revendications décroissent à compter de la fin des années 1970, car de plus en plus de femmes intègrent le marché de l’emploi au début des années 1980.

Beaucoup de femmes ou de militantes supposent qu’en intégrant le marché de l’emploi, les inégalités liées au travail ménager seraient naturellement corrigées.

Camille Robert, doctorante en histoire

La Fédération des femmes du Québec et l’Association féminine d’éducation et d’action sociale (AFEAS) reprennent le flambeau avec une campagne nationale et le colloque Moi aussi je travaille au foyer, en 1984. Cependant, peu de mesures concrètes sont adoptées à la suite de ces actions.

Les mobilisations pour la contraception et l’avortement, qui se sont soldées par des victoires, ont marqué l’histoire du mouvement féministe, mais on ne peut pas en dire autant de la reconnaissance du travail des femmes à la maison.

Je crois qu’on a de la difficulté à reconnaître cet héritage, parce qu’il n’y a pas eu vraiment de victoire significative. Cette lutte n’a pas débouché sur des mesures concrètes.

Camille Robert, doctorante en histoire
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