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La lutte du Canada pour la souveraineté sur les eaux arctiques

Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

Du lundi au jeudi de 20 h à 20 h 30

La lutte du Canada pour la souveraineté sur les eaux arctiques

Audio fil du mercredi 15 mai 2019
Photo en noir et blanc de deux navires naviguant dans la glace.

Le navire SS Manhattan accompagné du brise-glace canadien Louis S. St-Laurent en 1970.

Photo : Associated Press

Au début des années 1970, le gouvernement de Pierre Elliott Trudeau s'est rendu compte de l'importance stratégique de la souveraineté canadienne sur le passage du Nord-Ouest, à la suite de la traversée du pétrolier américain SS Manhattan, un moment charnière du conflit qui opposait depuis plusieurs décennies le Canada aux États-Unis. Le chercheur en relations internationales Stéphane Roussel explique comment cet enjeu a pris une importance grandissante depuis une cinquantaine d'années.

Le passage du Nord-Ouest est un triangle composé d’un archipel de près de 36 000 îles au nord du Canada. En théorie, des navires peuvent emprunter des routes maritimes souvent encombrées de glace pour se déplacer entre les océans Atlantique et Pacifique.

Les États-Unis et d’autres États ne contestent pas la souveraineté de ces territoires. Ils mettent plutôt en doute le statut des eaux et allèguent que ce détroit est doté d’un statut international libre de navigation. Quant au Canada, il affirme que ces eaux sont à l’intérieur de son territoire.

Historiquement, ces mers gelées en permanence n’avaient aucun intérêt pour la navigation, mais au début du 20e siècle, le gouvernement canadien commence à y imposer sa présence. Pendant la Seconde Guerre mondiale, on y dénote une certaine présence militaire. La guerre froide et l’invention des sous-marins à propulsion nucléaire font en sorte que l’Arctique devient par la suite une zone stratégique d'un point de vue politique.

Un pétrolier américain dérangeant

En 1969, le pétrolier américain SS Manhattan traverse le passage du Nord-Ouest. La traversée du navire soulève une question exprimée par des députés et des journalistes : le gouvernement américain a-t-il formellement demandé la permission au gouvernement canadien pour utiliser ce passage? La réponse est non.

Ce problème larvé qu’on anticipait est révélé au grand jour et crée une commotion au Canada dans l’opinion publique. Parmi les partis d’opposition, plusieurs intervenants se manifestent en disant que c’est littéralement une atteinte à la souveraineté du Canada.

Stéphane Roussel
Photo en noir et blanc d'un homme qui lève un pic au-dessus de la glace alors qu'un navire se trouve derrière lui.

Un ingénieur de l'armée américaine prélève une carotte glacière lors d'un passage du SS Manhattan dans le Grand Nord, en 1970.

Photo : La Presse canadienne / BJO

En 1985, les États-Unis défient le Canada lorsque le brise-glace Polar Sea utilise le passage du Nord-Ouest. Washington prévient Ottawa de son parcours, mais sans lui demander une autorisation formelle. Étant donné le désaccord entre les deux gouvernements, le Canada envoie deux observateurs à bord du navire.

Ce compromis mène à l’Accord sur la coopération dans l'Arctique en 1988 entre le premier ministre canadien Brian Mulroney et le président américain Ronald Reagan. Ils constatent le désaccord sans modifier leur position, mais introduisent une subtilité à cet accord : chaque fois que les Américains demanderont l’autorisation d’envoyer un brise-glace dans le passage du Nord-Ouest, les Canadiens leur donneront cette autorisation.

Le mot important ici est "brise-glace", parce que ça ne s’applique pas aux autres détroits internationaux dans le monde, dans la mesure où le passage du Nord-Ouest est un des rares à être encombrés de glace. Donc, on ne crée pas de précédent juridique en utilisant le mot "brise-glace" plutôt que "navire" ou "bâtiment".

Stéphane Roussel

L’Accord sur la coopération dans l'Arctique semble depuis avoir été écarté par l’administration Trump. Il faut s’attendre à une détérioration de ce conflit entre les deux pays, car les États-Unis veulent envoyer un navire de guerre dans le passage.

Deux soldats avec cagoules et mentaux dans l'étendue gelée de l'Arctique.

Des membres des Forces armées canadiennes déployés près de Resolute Bay lors de l’opération Nunalivut, en mars 2018

Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

Les changements climatiques rendent le passage du Nord-Ouest de plus en plus praticable. Un nouvel océan, même s’il n’en est pas formellement un, est en train d’apparaître et il bouleversera le contexte géopolitique régional et mondial.

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