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Jacques Beauchamp
Audio fil du mardi 7 mai 2019

Magie rose, le spectacle de Diane Dufresne au stade olympique devenu mythique

Publié le

Une femme portant une robe rose chante sur scène dans un micro.
La chanteuse Diane Dufresne sur la scène du spectacle « Magie rose », en 1984.   Photo : Radio-Canada / Jean-Pierre Karsenty

Le 16 août 1984, Diane Dufresne a écrit une page importante de l'histoire de la musique au Québec en devenant la première artiste de la province à donner un grand concert au stade olympique de Montréal. Aucun autre artiste québécois n'a répété cet exploit par la suite. La chanteuse a surtout réalisé un grand rêve : entraîner ses admirateurs dans sa douce folie. C'est ainsi que 55 000 personnes habillées en rose se sont réunies pour assister à ce concert, que l'on considère aujourd'hui comme l'un des événements artistiques les plus marquants des années 1980. La journaliste Marie-Christine Blais, qui était sur place, raconte la petite histoire de ce grand spectacle.

Le Québec des années 1980 souffre économiquement. En 1984, le taux de chômage officiel se chiffre à 13 %, la province est en récession. Or, cette année marque le 450e anniversaire du voyage de Jacques Cartier au Canada. Le gouvernement québécois finance alors des événements rassembleurs et festifs, dont le défilé des grands voiliers à Québec et Magie rose.

Une chanteuse habillée en costume et portant une coiffe sur la tête est sur scène.
Diane Dufresne au stade olympique en 1984 Photo : Radio-Canada/Jean-Pierre Karsenty

La diva en 1984

Très connue depuis 1972 grâce à son album Tiens-toé ben, j'arrive!, Diane Dufresne donne au cours des années 1980 de grands concerts au Forum de Montréal, dont Hollywood/Halloween (aussi appelé Dame de cœur/Dame de pique) en 1982. Pour Magie rose, elle veut mettre de l’avant le rose, certes, mais en tant que couleur forte, alors que celle-ci est associée exclusivement aux filles et aux femmes.

Ce spectacle exige neuf mois de travail. La chanteuse collabore avec la metteuse en scène Mouffe et avec les meilleurs techniciens disponibles. Le dispositif scénique est impressionnant et reproduit notamment le parc Belmont.

Il y a 120 haut-parleurs, plus de 10 caméras, dont une qui est à bord d’un hélicoptère pour filmer la chose. Il y a des lasers, 120 000 watts de son. Pour vous donner une idée, pour The Police, l’année d’avant, il y en avait 90 000. […] C’est un gros spectacle pour l’époque.

Marie-Christine Blais, journaliste

Le budget du concert s’élève à 400 000 $. Son financement est assorti de plusieurs exigences, dont celle de Diane Dufresne qui tient à ce que les billets coûtent 10 $. Des billets gratuits sont distribués à des personnes démunies, et des invités internationaux, en l’occurrence Jacques Higelin et Manhattan Transfer, doivent se produire en première partie du spectacle.

Un semi-échec

Les jours suivant le concert, les critiques tombent : certaines sont sévères, d’autres mesquines. La qualité sonore, le manque de visibilité de l’artiste sur la scène et le coût de production élevé du concert sont notamment rappelés.

Des journalistes évoquent la fable de la grenouille et du bœuf, en disant que Diane Dufresne a voulu se faire aussi grosse que le bœuf, qu’elle n’est quand même pas Michael Jackson.

Marie-Christine Blais, journaliste

Ce rabaissement blesse au plus haut point l’artiste.

Elle est partie très peu de temps après tout simplement pour Paris, elle s’est enfuie. […] Elle était toute seule au pilori. C’est à elle qu’on s’en prenait. Je pense que le fait qu’elle soit une femme a joué beaucoup. Le fait qu’une grande partie de la communauté gaie était là avait choqué certaines personnes, j’en suis certaine.

Marie-Christine Blais, journaliste

Pourtant, Magie rose devient mythique. Très bien filmé par Jean-Jacques Sheitoyan qui en fait une émission, le concert vit une deuxième carrière et est diffusée à l’automne 1984 au Québec ainsi qu’en France.

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