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Jacques Beauchamp
Audio fil du mercredi 1 mai 2019

IXE-13, un immense succès d’édition et un film culte

Publié le

Dans un désert recréée en studio, une femme avec un genou au sol s'apprête à poignarder une autre femme couchée, tandis qu'un homme regarde la scène derrière elles.
Une scène du film « IXE-13 »   Photo : ONF

De 1947 à 1966, le Québec s'est passionné pour les aventures de l'agent secret IXE-13 sur papier. Jacques Godbout a adapté cette œuvre au cinéma, avec la complicité du groupe d'humoristes Les Cyniques. Le film, qui est en fait une parodie des aventures de cet espion canadien, est paru en 1972. Le chroniqueur cinéma Georges Privet souligne l'importance de cette création littéraire et cinématographique.

Publiés à un rythme presque hebdomadaire, les 934 fascicules de près de 32 pages des Aventures étranges de l'agent IXE-13 : l'as des espions canadiens se sont écoulés à 30 000 exemplaires chacun, ce qui représente en tout 28 millions.

Ce succès a entraîné dans sa foulée beaucoup de feuilletons du même genre, aujourd’hui oubliés, dont :

  • Le génial espion X-14 : agent secret canadien;
  • Les dangereux exploits du sergent Colette UZ-16 : l’as femme détective canadienne-française;
  • L’espion no 13;
  • L’agent K-7 : célèbre espion international;
  • Les sensationnelles aventures de Lise l’agent Z;
  • L’agent ZED-29 : l’as des as du contre-espionnage canadien.

Ça témoigne d’un délire populaire hallucinant, et tout ça s’est fait avant OSS 117 et même avant James Bond.

Georges Privet, chroniqueur cinéma

En effet, le premier numéro d’IXE-13 remonte à 1947, celui d’OSS 117, à août 1949, et Ian Fleming publie Casino Royale en 1953.

La page couverture d'un roman d'espionnage IXE-13.
Une page couvertes des « Aventures étranges de l'agent IXE-13 : l'as des espions canadiens »   Photo : La Bibliothèque électronique du Québec

Le comédien, chanteur, folkloriste très connu et interprète du père Ovide dans Les belles histoires des pays d’en haut Pierre Daignault est le créateur de la série de fascicules IXE-13, qu’il signe de son nom de plume Pierre Saurel.

Son agent secret s’appelle en réalité Jean Thibault, il a 25 ans et est un joueur de tennis vedette. À l’entrée de l’Angleterre dans la Seconde Guerre mondiale, il décide de devenir un espion pour ce pays. Marius Lamouche et Gisèle Tubœuf l’aident parfois dans ses aventures autour du monde et dans sa traque contre deux grands groupes ennemis, les nazis et les communistes.

Avec des titres comme Nazis à Ottawa, Sous-marin au Labrador et Hitler au Canada, l’œuvre de Pierre Daignault traite de l’actualité géopolitique de l’époque, mais avec une perspective toute québécoise.

Au cinéma

Avant d’adapter au cinéma IXE-13, Jacques Godbout est un écrivain sérieux et respecté pour Salut Galarneau!, notamment. Il réalise également quelques films, dont YUL 871 et Kid Sentiment.

Là, il s’éclate complètement dans ce film [IXE-13], avec Les Cyniques. Il témoigne d’un humour et d’une espèce de délire esthétique qui, non seulement ne ressemblent à rien de ce qui se fait ici ou ailleurs, mais qui ne lui ressemblent pas du tout. Ça reste vraiment un ovni dans sa filmographie.

Georges Privet, chroniqueur cinéma

Regardez la bande-annonce d'IXE-13

De plus, son film témoigne de la transition du Québec de la Grande Noirceur vers celui de la Révolution tranquille.

IXE-13 demeure une œuvre rare au Québec, qui aborde des genres peu exploités, soit la comédie musicale et le film d’espionnage. La participation des Cyniques à la production ouvre la porte à une culture du kitsch, les décors de Claude Lafortune sont constitués de couleurs primaires criardes et la musique de François Dompierre s’inspire entre autres des Parapluies de Cherbourg. Jacques Godbout et Les Cyniques se complètent; leur union donne une force à l’œuvre.

C’est peut-être le premier film postmoderne du cinéma québécois, c’est-à-dire que le film est autoréférentiel. […] Ce film est vraiment devenu un classique.

Georges Privet, chroniqueur cinéma

Les deux œuvres, les livres et le film, témoignent de leur époque, et occupent une place unique dans l’histoire de la culture québécoise.

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