•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La Magna Carta, document fondateur de l’État de droit

Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

En reprise tout l'été
Du lundi au vendredi de 23 h 30 à minuit

La Magna Carta, document fondateur de l’État de droit

Audio fil du lundi 29 avril 2019
Une copie de la Magna Carta, exposée en 2015 à la cathédrale de Salisbury.

Une copie de la Magna Carta, exposée en 2015 à la cathédrale de Salisbury pour célébrer les 800 ans du texte signé par le roi Jean sans Terre.

Photo : Getty Images / Matt Cardy

« Elle est extrêmement importante », dit Michel Hébert, professeur d'histoire retraité de l'Université de Montréal (UdeM), à propos de la Magna Carta, ce texte fondateur de la démocratie et du droit constitutionnel signé en 1215 par le roi d'Angleterre Jean sans Terre. Aussi appelé la Grande Charte, le document, datant de plus de huit siècles, a jeté les bases de l'État de droit et du parlementarisme, et a inspiré la rédaction des grandes chartes de l'époque contemporaine, comme la Déclaration universelle des droits de l'homme des Nations unies de 1948.

Le 15 juin 1215, le document de 63 articles a été imposé à Jean sans Terre par des barons afin de restreindre les pouvoirs du monarque. C’est en effet sous la contrainte que le roi, dont l’autorité et la légitimité périclitaient, a signé cette Grande Charte. Même s’il l’a rapidement reniée, la Magna Carta deviendra néanmoins, au fil des siècles, ce qui est considéré, encore aujourd’hui, comme un des documents clés sur lesquelles se basent les démocraties libérales dans leur fonctionnement.

Dans leurs doléances, les barons, mécontents que Jean sans Terre ait pigé dans les poches de ses sujets pour financer ses guerres contre la France, ont exigé, entre autres, que plus aucun impôt ne soit levé sans le consentement de la communauté du royaume. Michel Hébert souligne que les barons jetaient ainsi les bases du parlementarisme.

L’élément peut-être le plus important dans tout ça, qui n’a jamais disparu, c’est cette affirmation de la notion d’une communauté du royaume, c’est-à-dire la possibilité d’une parole publique de la part du peuple, de façon organisée et structurée, en face du roi.

Michel Hébert, professeur d'histoire retraité de l'UdeM

La Magna Carta est aussi le texte qui, pour la première fois, a garanti au peuple « qu’un homme libre ne serait pas emprisonné ou condamné sans un jugement légal de ses pairs ». Selon Michel Hébert, il s’agit là de la première expression de ce qui deviendra l'habeas corpus, cette notion juridique qui énonce une liberté fondamentale, soit celle de ne pas être emprisonné sans jugement, ce qui est le contraire de l'arbitraire, qui permet d'arrêter n'importe qui sans raison valable.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Vous aimerez aussi