Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Jacques Beauchamp
Audio fil du mardi 23 avril 2019

La Rose blanche, l’organisation qui a résisté aux nazis avec des tracts

Publié le

Un texte écrit en allemand est en avant-plan dans une cour de justice. Six photos sont dans le mur en arrière plan.
Un exemplaire de la sentence prononcée contre Willi Graf, Kurt Huber, Alexander Schmorell, Hans Scholl, Sophie Scholl et Christoph Probst, au mémorial de la Rose blanche, à Munich.   Photo : Getty Images / Johannes Simon

De juillet 1942 à février 1943 en Allemagne, un cercle d'étudiants a distribué des tracts s'attaquant au régime nazi d'Adolf Hitler. Ce geste leur a coûté cher, car six membres de la Rose blanche ont été exécutés pour haute trahison. L'historien Carl Bouchard explique l'importance de cette organisation de résistance à l'Allemagne nazie et le contexte de son apparition.

Depuis juin 1941, l’Allemagne nazie était en guerre contre l’Union soviétique, après une campagne victorieuse en Europe. À l’automne 1942, les nazis se heurtent à leur premier écueil : la bataille de Stalingrad, où les Soviétiques résistent à la poussée allemande.

Malgré la censure, malgré le pouvoir de communication du régime, on sait très bien en Allemagne que les choses commencent à mal tourner. […] C’est le creuset dans lequel peut commencer à sortir une certaine résistance et des paroles dissidentes dans un régime totalitaire.

Carl Bouchard, historien
Photo en noir et blanc d'une jeune femme portant une fleur sur son vêtement.
Sophie Scholl   Photo : Domaine public

Les tracts de la Rose blanche apparaissent dans ce contexte. Six hommes et trois femmes en sont membres. Huit d’entre eux sont étudiants, dont son fondateur Hans Scholl, et le neuvième est Kurt Huber, professeur à l’Université de Munich. Sophie Scholl, la sœur du fondateur, fait également partie du groupe.

Les membres de la Rose blanche impriment un premier tract en une centaine d’exemplaires seulement, distribués par la poste à des professeurs d’université, à des avocats et à des médecins ou laissés dans des lieux publics.

Le message des dissidents évolue au fil du temps. Les trois premiers tracts, qui sont imprimés en juin et en juillet 1942 et qui contiennent le fondement de leur action, dénoncent la politique nazie et ses conséquences envers les juifs.

Écrits par Alexander Schmorell et Hans Scholl, ce sont des documents assez touchants parce qu’on a là une conception très élevée de la culture. Ce sont des gens qui citent Goethe, Schiller, Lao Tseu, Aristote, la Bible. […] Et surtout, on dit aux Allemands : “Il faut agir parce que, pour les générations qui vont suivre, on va subir ce fardeau moral d’avoir accepté ce régime.”

Carl Bouchard, historien

Un durcissement politique

Le quatrième tract constitue un pont entre les trois premiers et les deux derniers. Pour la première fois, les membres de la Rose blanche abordent la politique et la guerre. Le document parle aux Allemands de manière directe et il présente l’organisation, en plus de condamner l’athéisme du régime.

Enfin, le professeur Kurt Huber rédige les deux derniers tracts. Distribués en février, ils sont beaucoup plus politiques et plus directs.

Le 18 février 1943, la situation bascule pour Hans et Sophie Scholl. La Gestapo les arrête alors qu’ils distribuent des tracts à l’Université de Munich. Leur procès est expéditif. Ils sont condamnés à mort.

Après cet épisode de résistance, d’autres actes de même nature se multiplient. Les Alliés sautent sur l’occasion. Durant l’été 1943, la Royal Air Force (RAF) envoie sur l’Allemagne un million d’exemplaires du dernier tract de la Rose blanche pour encourager la population allemande à se soulever contre le régime.

Aujourd’hui, des plaques et des lieux commémoratifs évoquent ces poches de résistance dans l’Allemagne nazie, dont celle de la Rose blanche, afin de rappeler aux gens que les Allemands ne soutenaient pas tous le régime. En 2005, le film Sophie Scholl : les derniers jours, de Marc Rothemund, faisait connaître la Rose blanche au grand public international.

Chargement en cours