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Jacques Beauchamp
Audio fil du mercredi 10 avril 2019

La Marseillaise et la musique au temps de la Révolution française

Publié le

Un tableau représente un chanteur devant une dizaine de personnes. À gauche de la toile, une pianiste l'accompagne.
Rouget de Lisle chante « la Marseillaise» pour la première fois en 1792.   Photo : Domaine public

La Marseillaise, un chant emblématique et incontournable de la Révolution de 1789, est devenue l'hymne national de la France. Les œuvres de son compositeur, François-Joseph Gossec, ont été jouées dans les grandes fêtes révolutionnaires. On dit même de lui qu'il a donné un son à la Révolution. Le bassoniste Mathieu Lussier, également professeur à la Faculté de musique de l'Université de Montréal et directeur artistique de l'ensemble Arion, décrit ce son et ces chants qui ont influencé toute l'Europe.

Au milieu du 18e siècle, la France bascule dans la querelle des Bouffons lorsque La serva padrona, un court opéra de Giovanni Battista Pergolesi, est présenté à Paris en 1752. Cette œuvre provoque une querelle entre les adeptes du style lyrique des Français et celui plus actuel des Italiens.

Cette querelle ouvre les yeux à bien des gens, qui constatent que la musique italienne est plus proche de l’esprit du peuple. Elle règne alors plusieurs décennies, jusqu’à la Révolution de 1789 et ses multiples bouleversements politiques, sociaux et religieux.

Des chants révolutionnaires

La célèbre Marseillaise, qui provient d’un des nombreux foyers révolutionnaires qui s’allument un peu partout en France, apparaît dans ce contexte.

Plusieurs chants sont écrits, tous à la hâte, pour une célébration. La Marseillaise a une première fonction, qui sert à mettre en musique les célébrations pour les fêtes de la liberté.

Mathieu Lussier

François-Joseph Gossec orchestre ce qui deviendra l'hymne national français. Cette figure incontournable de l’époque possède un génie mélodique et sait comment créer des contrastes afin de toucher les cœurs. La Marseillaise est adoptée assez rapidement comme hymne national de la nouvelle France républicaine.

Portrait d'un homme qui tient une plume dans sa main droite devant un pupitre contenant des partitions.
François-Joseph Gossec   Photo : Domaine public

D’autres chants révolutionnaires sont écrits à la hâte, dont Le chant du départ, d’Étienne-Nicolas Méhul, qui fait rudement concurrence à l'hymne. Aussi, lorsque Napoléon se couronne empereur en 1804, il remplace La Marseillaise par Le chant du départ, qui deviendra l’hymne national de la France jusqu’à la Révolution de 1830.

Les recettes de La Marseillaise, on les retrouve dans Le chant du départ. On met en scène des propos patriotiques et touchants chantés par des soldats, par des vieillards et par des enfants, pour que toutes les couches de la population se retrouvent touchées.

Mathieu Lussier

Les royalistes ont eux aussi leurs chants; en 1794, lorsque Maximilien de Robespierre est guillotiné, mettant fin à la Terreur en France, ils reprennent un peu du poil de la bête et adoptent Le réveil du peuple contre les terroristes. Ce chant, écrit par Pierre Gaveaux, dénonce les républicains révolutionnaires extrêmes qui sont allés trop loin et qui ont fait couler le sang des rois.

Un héritage musical influent

La Révolution française influence toute l’Europe, tant politiquement que culturellement. Par exemple, le compositeur Ludwig van Beethoven, dont l’art est considéré comme révolutionnaire, s’en inspire largement.

Cette musique révolutionnaire est efficace et simple. Elle parle directement au cœur, sans passer nécessairement par la tête. C’est une musique de contrastes, d’émotions, une musique de l’instant. […] La Révolution française est une révolution politique et culturelle, mais aussi musicale, qui a une influence par le développement aussi des instruments à vent, et sur la fondation du conservatoire [de musique].

Mathieu Lussier

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