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Jacques Beauchamp
Audio fil du mardi 2 avril 2019

L’île d’Orléans, berceau de l’Amérique française

Publié le

L'île d'Orléans vue de l'autre côté du fleuve, avec l'église Saint-Jean et ses fermes.
L'île d'Orléans en 2017.   Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Avec ses vieux villages, ses toits en chaume, ses champs agricoles, ses attelages et ses chevaux, l'île d'Orléans est devenue l'image touristique du Québec. « C'est le pays souche, c'est le pays de nos racines françaises », affirme avec ferveur Michel Lessard, historien et auteur de L'île d'Orléans : aux sources du peuple québécois et de l'Amérique française.

Quand Jacques Cartier débarque sur l’île en 1535, elle s’appelle Windigo, « le coin ensorcelé » en algonquien. C’est le premier lieu d’Amérique du Nord où s’installent les Français de Poitou et de Normandie.

Quand les Français arrivent ici, il faut qu’ils repensent le territoire […] Ils vont réinventer une maison, ils vont réinventer des vêtements pour s’adapter à la cadence climatique des étés et des hivers, ils vont inventer des techniques de conservation des aliments.

Michel Lessard, historien et auteur de L’Île d’Orléans : aux sources du peuple québécois et de l’Amérique française

Jusqu’en 1690, l’île est en défrichement. « Il ne reste rien de cette période-là, souligne l’historien. C’était des maisons en bois avec des toits en chaume, les églises étaient en colombage. Ça n’a pas résisté au temps. »

Des maisons emblématiques

À la fin du 17e siècle, l’île compte autant d’habitants que la ville de Québec. La prospérité règne, grâce au commerce agricole. Les habitants profitent de la marée pour aller vers Québec en barque à clin, puis reviennent sur l’île quand la marée baisse.

Émerge alors la maison québécoise emblématique avec son toit en accent circonflexe, son ouverture à la lumière et son orientation logique, vers le sud. À la suite de la bataille des plaines d’Abraham en 1759, le général James Wolfe fait de l’île son quartier général. La plupart des maisons sont détruites.

La maison Drouin est l’une de celles qui a résisté à la guerre de la Conquête. Construite vers 1730 et agrandie vers 1734, elle est un véritable vestige du passé.

« Quand j’ai visité cette maison dans les années 1960, elle était habitée par un couple, un frère et la sœur. Rien n’avait changé depuis le 18e siècle, se remémore avec émotion Michel Lessard. Ils n’avaient pas l’eau courante à l’intérieur, ils puisaient l’eau à l’extérieur »

La maison Drouin vue de face.
La maison Drouin a été construite sous le régime français, vers 1730. Photo : Ministère de la Culture et des Communications /Alicia Champagne

L’acquisition et la restauration de la maison Leclerc par l’artiste-peintre Benoît Côté, en  1959, a « mis le feu à la reconquête de l’île d’Orléans, selon l’historien. Il se passe quelque chose d’incroyable dans les années 1960-70, on reconquiert le patrimoine », s’enthousiasme-t-il.

La fin de l’isolement

En 1935, la construction du pont vers Québec marque la fin de l’isolement de l’île d’Orléans. « C’est plus facile d’y aller, plus facile de s’y installer et de venir travailler à Québec et dans les alentours », remarque l’historien.

Ça a donné lieu à la consécration du côté magique des productions de l’île : les fraises de l’île, les pommes de l’île et les maïs de l’île.

Michel Lessard, historien et auteur de L’Île d’Orléans : aux sources du peuple québécois et de l’Amérique française
Pont de l'île d'Orléans
Pont de l'île d'Orléans Photo : Radio-Canada/Cathy Senay

L’île s’ouvre aussi à la recherche en sociologie, en architecture et en histoire, ce qui lui permet de devenir un laboratoire sur nos origines canadiennes-françaises.

Depuis la chanson Le tour de l’île, impossible de dissocier l’île d’Orléans de Félix Leclerc. « C’est un immense poème à nos origines, à la beauté de l’île, à la nature, au fleuve Saint-Laurent, mais également une mise en garde par rapport à sa possible dégénérescence », croit Michel Lessard.

« Ce qui vient en tête, c’est Félix Leclerc, mais aussi les paysages. C’est une perle dans le Saint-Laurent », conclut-il.

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