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Jacques Beauchamp
Audio fil du mercredi 20 février 2019

Les télévangélistes américains et leur influence sociale et politique

Publié le

Un homme debout sur une tribune parle devant un pupitre et plusieurs microphones.
Le télévangéliste américain Billy Graham au Madison Square Garden, à New York, en 1957.   Photo : Getty Images

Billy Graham, mort en 2018, a probablement été le plus connu et le plus respecté des télévangélistes américains. Pendant plus de 60 ans, il a fait partie du palmarès des 10 personnes les plus admirées du sondage annuel Gallup. Contrairement à d'autres télévangélistes, il n'a jamais été associé à des scandales sexuels ou financiers. La politologue Karine Prémont explique comment le phénomène des télévangélistes américains dépasse la sphère religieuse.

Au début du siècle dernier, les prédicateurs vedettes élargissent leur auditoire grâce à la radio. Des messes y sont diffusées durant les années 1920. En 1926, Charles Coughlin prêche dans une station de Détroit. À partir des années 1930, le réseau CBS le diffuse partout aux États-Unis, où il attire 45 millions d’auditeurs. Les prédicateurs dépendent cependant du temps d’antenne gratuit des stations de radio pour diffuser leurs prêches.

En 1944, l’association National Religious Broadcasters (NRB) prend forme. En 1956, la NRB réussit à obtenir du Congrès et de la Federal Communications Commission (FCC), l’équivalent du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), l’accès au temps d’antenne payant. Les émissions des prêcheurs se multiplient dès lors.

Les prêcheurs évangéliques adoptent la télévision peu après son apparition. Le terme « télévangéliste » est inventé en 1952, mais il ne se popularise qu’au début des années 1980.

L’explosion et l’âge d’or

Durant les années 1960, la déréglementation des médias aux États-Unis contribue à la hausse de la popularité des télévangélistes. Plus tard, le boom de la télévision câblée et l’arrivée de la vidéocassette accroissent encore plus leur influence. La télévision par satellite favorise l’apparition de gigantesques Églises, avec des prêches enlevés et spectaculaires.

C’est ce qui fait passer l’audience de ces émissions religieuses de 5 à 25 millions de personnes en une dizaine d’années, entre 1970 et 1980.

Karine Prémont, politologue

Bien des télévangélistes engrangent des profits faramineux et s’enrichissent très rapidement.

Un appui politique à Ronald Reagan

Le quarantième président des États-Unis est le premier à former une coalition avec la droite religieuse.

Les télévangélistes conservateurs retrouvent en Reagan une tribune, une façon d’exprimer leurs opinions politiques, et à ce titre, ils contribuent à définir les priorités politiques pendant une bonne décennie, notamment sur la question de l’avortement, de la criminalité, même de la politique étrangère, par exemple.

Karine Prémont, politologue
Deux hommes se serrent la main devant un lutrin et trois micros. Un homme sourit derrière eux et un autre applaudit.
Le président américain Ronald Reagan serre la main au révérend Jerry Falwell, lors d'une convention de la National Religious Broadcasters, en 1984. Photo : Associated Press/Ira Schwarz

Des scandales

À la fin des années 1980, des télévangélistes sont impliqués dans divers scandales. Jim Bakker est condamné pour fraude postale et a une aventure avec sa secrétaire en 1987. Jimmy Swaggart dénonce son comportement sexuel immoral. Quelques mois plus tard, il est pris à son tour lorsqu’il est accusé de fréquenter des prostituées.

En 1988, le télévangéliste Pat Robertson se lance en politique. Il perd 21 % de son auditoire dès qu’il annonce sa candidature comme républicain. Cette incursion en politique est un désastre. En essayant de remonter la pente, il affirme que les gais tentent de transmettre volontairement le sida à des inconnus en se promenant avec des bagues pointues dans la rue pour les piquer.

Un homme dans une foule serre la main d'un autre homme en souriant.
Pat Robertson à la convention nationale du Parti républicain en 2000, à Philadelphie. Photo : Getty Images/STAN HONDA

Dans les années 1990, Jerry Falwell se fait remarquer par ses déclarations outrancières. Il finance un documentaire liant le président Bill Clinton à une conspiration de meurtre et affirme que le 11 septembre 2001 est une punition de Dieu contre l’homosexualité.

Il pousse le ridicule (et cela le discrédite fortement) en soutenant que les Télétubbies, les personnages d’une émission pour enfants très connue dans les années 90, font la promotion de l’homosexualité.

Karine Prémont, politologue

Pour beaucoup d’Américains, ces gouttes font déborder le vase. Ces propos débordent réellement de la sphère religieuse.

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