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Jacques Beauchamp
Audio fil du mardi 19 février 2019

Louis-Alexandre Taschereau et son long règne politique

Publié le

Louis-Alexandre Taschereau.
Louis-Alexandre Taschereau   Photo : Bibliothèque et Archives Canada

La chute du long règne politique du 16e premier ministre du Québec a été brutale. Réélu avec difficulté en 1935, Louis-Alexandre Taschereau a été forcé de démissionner comme premier ministre lors des mois qui ont suivi. Les libéraux ont perdu le pouvoir en 1936, aux mains de l'Union nationale de Maurice Duplessis. Jonathan Livernois, professeur d'histoire littéraire et intellectuelle à l'Université Laval, nous replonge dans ces années de règne de Louis-Alexandre Taschereau.

La famille Taschereau est une dynastie de juristes et de politiciens. Le père de Louis-Alexandre Taschereau est notamment juge à la Cour suprême du Canada. Compte tenu de ses origines, Louis-Alexandre Taschereau est destiné à faire de la politique.

Élu une première fois en 1900 dans le comté de Montmorency, il s’implique dans le dossier de la construction du pont de l’île d’Orléans, inauguré en 1935. Il devient ministre en 1907 et premier ministre en 1920.

On lui remet pour ainsi dire le poste de premier ministre sur un plateau d’argent, puisque son prédécesseur, Lomer Gouin, vient tout juste de remporter les élections [en 1919, NDLR].

Jonathan Livernois

Durant son règne à la tête du Québec, Louis-Alexandre Taschereau cumule les fonctions de procureur général et de ministre des Affaires municipales et du Trésor – durant une partie de son mandat de premier ministre dans ces deux cas. Son pouvoir est énorme.

À l’époque, la gestion de l’État est beaucoup plus simple, dans une certaine mesure. On délègue beaucoup de choses aux grandes compagnies minières, par exemple.

Jonathan Livernois

Même s’il est premier ministre, Louis-Alexandre Taschereau siège à de nombreux conseils d’administration du milieu des affaires, des compagnies qui font affaire avec le gouvernement. Cette situation ouvre ainsi la porte à de nombreux scandales.

Par exemple, en 1920, Blanche Garneau est assassinée à Limoilou. Des fils de ministres libéraux sont soupçonnés et l’on accuse Taschereau de couvrir l’affaire. En 1924-1925, un scandale financier touche la Commission des liqueurs de Québec (ancêtre de la Société des alcools du Québec), fondée par Louis-Alexandre Taschereau.

Un pur libéral

La vision économique de Louis-Alexandre Taschereau est celle d’un pur libéralisme. Il veut faciliter la tâche aux grandes compagnies, qui détiennent les capitaux nécessaires pour développer le Québec.

Malheureusement, il gère difficilement la Grande Dépression, en 1929.

Il est dépassé par toutes sortes de mouvements, par sa gauche et par sa droite. C’est l’usure du pouvoir. Pas seulement le sien, mais celui du Parti libéral, qui est au pouvoir depuis 39 ans.

Jonathan Livernois

Le maire de Montréal et député à Québec Camillien Houde tente de le déloger du pouvoir à l’élection de 1931. Il échoue.

La machine libérale est énorme […] En 1935, ils [les libéraux] devraient perdre, mais par toutes sortes de fraudes et d’actions de la police provinciale, ils vont quand même gagner les élections provinciales.

Jonathan Livernois

Louis-Alexandre Taschereau sort fragilisé de cette élection. Le mécontentement est généralisé, même chez les libéraux.

En 1936, le comité des Comptes publics provoque la chute de Louis-Alexandre Taschereau.

Maurice Duplessis montre toutes les turpitudes du régime […] et dénonce toutes sortes de malversations.

Jonathan Livernois
Maurice Duplessis en 1956
Maurice Duplessis Photo : La Presse canadienne/La Presse canadienne

Louis-Alexandre Taschereau démissionne. Après son départ de la vie politique, il consacre son temps aux voyages et à la pêche, sa passion.

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