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Jacques Beauchamp
Audio fil du vendredi 15 février 2019

Le cinéma des années 1990 : le Dogme, Pedro Almodóvar et un certain Titanic

Publié le

Un homme et une femme sont sur un navire. La femme étend les bras sur les côtés, l'homme la tient par la taille.
Une scène du film « Titanic »   Photo : Facebook/Titanic

Dans les années 1990 au Québec, une nouvelle génération de cinéastes prenait sa place, avec Denis Villeneuve en tête. Au Danemark, des réalisateurs signaient le manifeste du Dogme, un défi pour changer à leur façon le septième art. En Espagne, le talent de Pedro Almodóvar s'affirmait. Et aux États-Unis, James Cameron réussissait son gigantesque pari : le film Titanic. Le réalisateur Rafaël Ouellet et les chroniqueurs cinéma Helen Faradji et Marc-André Lussier discutent des faits cinématographiques marquants de la décennie 90.

Le Dogme danois

En 1995, les Danois Lars von Trier et Thomas Vinterberg lançaient un pavé dans la mare cinématographique en publiant le manifeste artistique du Dogme, qui comprenait 10 commandements et qui stipulait entre autres que les tournages devaient se faire dans des décors réels, avec un éclairage et un son naturels.

[Lars von Trier et Thomas Vinterberg] commençaient à trouver le cinéma un peu redondant. Ils trouvaient que les jeunes ne prenaient pas de risques, et qu’avec les moyens techniques qui se démocratisaient, les gens n’en profitaient pas pour renouveler le langage cinématographique.

Rafaël Ouellet

Deux films du Dogme ont marqué Cannes en 1998, soit Les idiots et Fête de famille (Festen), un film important pour ce manifeste.

La bande-annonce de Fête de famille (avec sous-titres en anglais)

« Festen était le premier et le meilleur. […] C’était le cinéma du malaise, qui a ensuite été beaucoup exploité en télévision, notamment dans The Office », affirme Rafaël Ouellet. Selon Marc-André Lussier, « c’était un grand film, mais le Dogme était davantage un mouvement de provocation ». D'ailleurs, il était « le mouvement d’un cinéma qui essayait de se libérer d’une emprise qui existait dans ces années-là ».

Les films de Denis Côté, le mouvement Kino et le film de Philippe Falardeau La moitié gauche du frigo (2000) sont des héritiers du Dogme, selon Rafaël Ouellet.

Les passions, selon Pedro Almodóvar

Les films Femmes au bord de la crise de nerfs, Attache-moi!, Tout sur ma mère et Talons aiguilles ont prouvé que l’Espagnol Pedro Almodóvar est un géant du cinéma.

Regardez la bande-annonce de Tout sur ma mère.

Les productions de Pedro Almodóvar durant les années 1980 étaient excessives, flamboyantes, « presque punks par moments ». Le cinéaste s'est assagi dans les années 1990 en trouvant « un classicisme formel dans lequel il s’est exprimé de façon toujours aussi révoltée, toujours aussi flamboyante, mais qui lui a donné accès notamment aux grands festivals internationaux, aux Oscars, à une scène cinéphile internationale », explique Helen Faradji.

Ses muses Carmen Maura, Victoria Abril et Penélope Cruz étaient au cœur de ses films. Helen Faradji croit également que la mère de Pedro Almodóvar a eu une importance capitale sur la carrière de son fils en lui donnant l’amour de la fiction du cinéma.

Il a un don incroyable pour la mise en scène, qui vient soutenir et développer les passions humaines.

Helen Faradji

L’insubmersible Titanic

Considéré durant les années 1990 comme le film le plus cher de l’histoire du cinéma, à hauteur de 200 millions, Titanic a récolté à l’international des recettes record de plus de 2 milliards de dollars américains. Il a également obtenu 14 nominations aux Oscars et a remporté 11 prix. Ce succès commercial était inattendu.

Le réalisateur James Cameron était alors surtout connu pour ses films d’action comme Terminator, Terminator 2 : le jugement dernier, Abyss et Vrai mensonge.

Il nous est arrivé avec cette superproduction, qui avait très mauvaise réputation au moment de sa fabrication. […] Ce film était une histoire d’amour. C’est peut-être la clé qui a fait que ce film a rejoint toutes les générations.

Marc-André Lussier

Regardez la bande-annonce de Titanic.

De plus, cette grande histoire d’amour, jouée par Kate Winslet et Leonardo DiCaprio, prend place dans un cadre précis, celui des classes sociales.

Avec le temps, Titanic a divisé les critiques. « C’était un film très romanesque, donc très facile à aimer. James Cameron avait les bons ingrédients, il les avait bien utilisés », mais Titanic ne fait pas partie des grands de l’histoire, selon Helen Faradji. Rafaël Ouellet avait 23 ans lorsqu’il l'a vu cinq fois en salle. « Titanic s’adressait à tout le monde, c’était un film assumé. » « Un film comme celui-là ne pouvait pas être fait ailleurs qu’à Hollywood. […] C'était du beau cinéma commercial et populaire », estime Marc-André Lussier.

Pour conclure cette émission sur le cinéma des années 1990, Marc-André Lussier rappelle qu’elles ont vu apparaître des films sur le sida, dont Les nuits fauves (1992) et Philadelphia (1993). Helen Faradji remarque la nouvelle génération de réalisateurs américains, dont Quentin Tarantino, les frères Cohen, Jim Jarmush, David Lynch, David Fincher et Paul Thomas Anderson. Rafaël Ouellet souligne le « cinéma d’une grande humanité » de Krzysztof Kieslowski avec Le décalogue (1989) et la trilogie des Trois couleurs (Bleu - 1993, Blanc - 1994, Rouge - 1994).

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