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Jacques Beauchamp
Audio fil du mardi 12 février 2019

Le pacte Briand-Kellogg : quand le monde a tenté de renoncer à la guerre

Publié le

Photo en noir et blanc d'un homme moustachu qui signe un document assis. Deux hommes debout l'entourent dans une salle avec d'autres hommes.
La signature du pacte Briand-Kellogg, le 27 août 1928.   Photo : AFP

Le 27 août 1928, 63 États ont signé le pacte Briand-Kellogg, une entente de renonciation à la guerre. Alors que l'Europe s'était à peine remise de la guerre de 1914-1918, ce pacte a résumé la volonté diplomatique de l'époque grâce à la maxime « Plus jamais la guerre ». L'historien Carl Bouchard nous parle de cette entente et de la période de sa création.

Après la Première Guerre mondiale, le monde diplomatique traverse une période de très haute tension à la suite du traité de Versailles. La France tient à la sévérité du traité et exige que l’Allemagne respecte toutes ses conditions. Elle occupe même la région allemande de la Ruhr en 1923.

Photo en noir et blanc d'un groupe de soldats marchant dans une rue.
Des soldats français marchent à Düsseldorf pendant l'occupation de la région allemande de la Ruhr. Photo : Getty Images/General Photographic Agency

En 1924, plusieurs États, dont la Grande-Bretagne et les États-Unis en tête, proposent des négociations pour mettre fin à cette occupation et suggèrent de réviser les réparations de guerre de l’Allemagne. Les politiciens prennent conscience de la nécessité de travailler ensemble au lieu de vivre avec les répercussions de l’après-guerre. Les accords de Locarno représentent les premiers effets de cette volonté.

Les protagonistes du pacte

Le républicain Frank Billings Kellogg est secrétaire d’État sous Calvin Coolidge, un président américain aux politiques isolationnistes. Le ministre des Affaires étrangères de France Aristide Briand est par contre un internationaliste convaincu. Depuis le début du 20e siècle, il joue un rôle fondamental dans la politique de l’Hexagone en étant premier ministre et ministre des Affaires étrangères plusieurs fois.

À l’été 1927, Aristide Briand propose un pacte bilatéral aux États-Unis. Ils n’y voient pas d’avantages, car il y a peu de chances qu’ils entrent en guerre contre la France. À la place, Frank Billings Kellogg propose aux Français de rendre le pacte universel.

Un objectif ambitieux

Le pacte Briand-Kellogg est signé le 27 août 1928. Les États acceptent de ne plus considérer la guerre comme un moyen de régler les différends. La guerre d’agression comme instrument de politique nationale est condamnée. Par contre, selon le principe de la sécurité collective, une guerre de légitime défense au nom de la Société des Nations (SDN) est possible.

C’est un pacte qui est incroyablement court. Il y a trois articles seulement. Le troisième est un article purement technique sur le système de ratification.

Carl Bouchard, historien

Pour plusieurs pays, le pacte Briand-Kellogg n’est pas contraignant. Si jamais un État commet un acte d’agression, aucun mouvement collectif ne peut agir contre lui au nom du pacte.

Le pacte est malgré tout davantage une prise de position morale, un serment, plutôt qu’une contrainte.

Carl Bouchard, historien

La réalité rattrape ses signataires quelques années plus tard. En effet, le Japon envahit la Mandchourie (Chine) en 1931 et l’Italie envahit l’Éthiopie en 1935. La Seconde Guerre mondiale commence en 1939.

Photo en noir et blanc de soldats marchant près de buissons.
L'invasion italienne en Éthiopie en 1935. Photo : Getty Images/Three Lions

Malgré tout, les diplomates les plus optimistes estiment que le pacte pose les premiers jalons d’un changement. Il est toujours en vigueur à ce jour, puisque sa durée est illimitée, et il n’a pas été signé dans le contexte de la Société des Nations. Aujourd’hui, le nombre de guerres interétatiques est en baisse. La guerre d’agression n’est d’ailleurs plus légitime aux yeux de l’opinion publique internationale.

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