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Jacques Beauchamp
Audio fil du lundi 11 février 2019

Le baron Haussmann et les gigantesques travaux qui ont modernisé Paris

Publié le

Photo aérienne détaillée montrant une partie de Paris en été. Les voitures ont la taille d'un grain de riz.
La place Charles-de-Gaulle (anciennement de l'Étoile), à Paris, vue des airs, avec l'Arc de triomphe en son coeur.   Photo : Getty Images / AFP / Boris Horvat

Pour embellir Paris, mais aussi la purifier, le baron Georges Eugène Haussmann a chambardé la capitale française pendant des années au 19e siècle en effectuant des travaux colossaux. Plus de 20 000 immeubles ont été détruits, et 600 kilomètres d'égouts ont été installés. Il a doté la capitale d'avenues majestueuses, de parcs et de places qui ravissent encore aujourd'hui les Parisiens, comme le résume l'historien Laurent Turcot.

À la moitié du 19e siècle, Paris étouffe. L’insalubrité y est ahurissante. La population meurt d’épidémies qui se répandent comme une traînée de poudre. La ville doit se faire une cure de santé au plus vite. Et il serait temps de fournir l’eau potable à tous les Parisiens.

En 1853, le baron Haussmann obtient de Napoléon III, confirmé au pouvoir l’année d’avant grâce à un coup d’État, le mandat de réorganiser la vie dans Paris. Pourtant, Haussmann n’est ni ingénieur ni architecte, et encore moins urbaniste. Mais il est rigoureux et dispose de beaucoup d’ambition.

L’empereur souhaite rendre Paris moderne, un peu à l’image de Londres qu’il considère comme une ville modèle.

Image de l'homme barbu, assis, en pleine lecture d'un document.
Le baron Georges Eugène Haussmann, au milieu du 19e siècle.   Photo : Bibliothèque publique de New York

Le baron Haussmann hérite d’une ville médiévale, mais pas seulement. Paris est une ville dont on a essayé de réformer la physionomie urbaine depuis 300 ans, sans jamais y arriver.

Laurent Turcot, historien

Paris pour l'éternité

Le chantier est lancé, les travaux sont exécutés au pic et à la pelle. Les entrailles de Paris sont ouvertes, d’immenses tranchées sont vidées, des édifices sont réduits en poussière. Des voitures tirées par les chevaux transportent la terre, la roche et les débris pour répondre aux rêves de grandeur de Napoléon III.

Photo en noir et blanc qui montre la place, des piétons et de nombreuses voiture empêtrées dans la neige.
Place de l'Opéra sous la neige, en 1966. Photo : Getty Images/AFP

Des ruines s’élèvent de nouveaux bâtiments, de nouveaux espaces, dont certains sont grandioses.

La place de l’Étoile, où siège l’Arc de triomphe, est refaite. On y construit 12 hôtels particuliers qui ceinturent la place. La place de l’Opéra, les parcs du bois de Boulogne et du bois de Vincennes surgissent de terre.

Les gares du Nord et de Lyon facilitent l’arrivée en plein cœur de Paris. Les boulevards Sébastopol et Rivoli, entre autres, permettent de traverser la cité du nord au sud et d’est en ouest.

Partout dans la ville, des avenues très larges sont dessinées. On les borde d’édifices au style unifié qu’on qualifiera d’« haussmanniens ».

Vue d'un immense bâtiment aux éléments répétitifs.
Un bâtiment typiquement haussmannien à Paris. Photo : iStock

Les critiques contre les réformes urbaines

En détruisant autant d’édifices, Haussmann force des milliers de familles à se reloger, souvent en périphérie, parce que les nouveaux bâtiments qu’il installe le long de ses grandes avenues sont réservés aux commerces et aux nantis.

On lui reproche aussi de faire disparaître une partie importante de l’histoire de Paris en construisant ainsi.

Chose certaine, ces travaux coûtent une fortune à l’État. On peine à achever certains d’entre eux et les fonds viennent parfois à manquer. Haussmann lui-même perd son poste en 1870, quand Napoléon III le désavoue.

Fait à noter, le boulevard qui porte le nom du baron Haussmann n’est achevé qu’en 1926, plus de 80 ans après le début de sa construction.

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