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Jacques Beauchamp
Audio fil du mardi 5 février 2019

James Baldwin, l’écrivain et activiste afro-américain marquant du 20siècle

Publié le

Photo en noir et blanc d'un homme assis dans une cuisine.
James Baldwin   Photo : AFP / RALPH GATTI

Assurément, James Baldwin a été l'une des plumes les plus importantes de la littérature américaine au 20e siècle, et une des voix les plus fortes du mouvement des droits civiques aux États-Unis. Presque toute son œuvre a porté sur la réalité noire aux États-Unis.

Ses écrits ont fait l’objet d’un regain d’intérêt récent, avec la parution en 2016 du documentaire Je ne suis pas votre nègre, de Raoul Peck, et en 2018 du film Si Beale Street pouvait parler, tiré du roman éponyme paru en 1974.

La question raciale n’est pas réglée aux États-Unis, comme en témoigne le mouvement Black Lives Matter, et comme en témoigne finalement toute la production culturelle qui émerge de ce mouvement, qui vise à montrer que les corps noirs sont encore des corps détruits, exploités, incarcérés aux États-Unis.

Jean-Pierre Le Glaunec, historien

James Baldwin naît en 1924 à Harlem, au nord de l’île de Manhattan. Il grandit dans la pauvreté, sans son père biologique, et il déteste son beau-père, David Baldwin, un homme brutal et rigide qui hait les Blancs.

Plus tard, il s’installe à Greenwich Village, où il rencontre le peintre afro-américain Beauford Delaney, qui devient son père spirituel. En 1945, l’auteur Richard Wright accepte de le prendre sous son aile. Grâce à lui, James Baldwin part en France en 1948.

Une quête identitaire

Paris est déterminante dans la quête identitaire du futur auteur, même s’il prend du temps avant de publier une première œuvre.

C’est à Paris, et [ailleurs] en France, et aussi en Suisse, qu’il trouve la possibilité de ne pas être tout le temps Noir. C’est justement en n’étant pas Noir officiellement qu’il va progressivement le devenir.

Jean-Pierre Le Glaunec, historien

En 1953, James Baldwin publie Les élus du Seigneur, son premier roman, un récit semi-autobiographique dans lequel il se réconcilie avec son beau-père, qui est mort.

La chambre de Giovanni paraît en 1956. C’est là qu’il aborde son homosexualité.

Il retourne aux États-Unis en 1957 pour s’impliquer dans la lutte pour les droits civiques, où il rencontre Martin Luther King. Le 28 août 1963, il est à la grande manifestation où Martin Luther King déclame son célèbre discours I Have a Dream.

On n’a pas demandé à Baldwin de faire un discours, parce que la question de son homosexualité dérange un peu. Au fond, est-il vraiment une figure noire consensuelle? En raison de son homosexualité, la réponse est non pour certains.

Jean-Pierre Le Glaunec, historien

La solution Baldwin

Sans conteste, l’essai le plus connu de James Baldwin demeure La prochaine fois, le feu, qui est publié lors du centième anniversaire de la proclamation d’abolition de l’esclavage. James Baldwin constate que les États-Unis sont toujours aux prises avec le même problème : la question de la race. Pour lui, la solution à ce problème n’est pas la violence ou une séparation radicale des races, mais l’amour.

Son message n’est pas entendu. Déçu, il retourne en France et s’installe en Provence en 1970, où il fréquente Joséphine Baker, Marguerite Yourcenar, Yves Montand et Sidney Poitier. James Baldwin continue d’écrire jusqu’à sa mort, en 1987.

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