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La guerre des étoiles de Ronald Reagan

Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

En reprise tout l'été
Du lundi au vendredi de 23 h 30 à minuit

La guerre des étoiles de Ronald Reagan

Audio fil du mercredi 30 janvier 2019
Un homme devant un bureau lit un texte; une carte sur un chevalet se trouve à ses côtés.

Ronald Reagan, le 23 mars 1983, à la Maison-Blanche.

Photo : Domaine public

Après une discussion avec Edward Teller, le père de la bombe H, le président américain Ronald Reagan a pensé à instaurer un bouclier antimissile destiné à neutraliser la menace soviétique. L'Initiative de défense stratégique (IDS) a vite été rebaptisée « guerre des étoiles » en 1983. Anticommuniste farouche, Ronald Reagan estimait que l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) était l'incarnation du mal. La politologue Karine Prémont explique l'importance et le contexte de cette initiative stratégique.

Le 40e président des États-Unis s’implique personnellement dans l’IDS avec son conseiller à la Sécurité nationale, Robert McFarlane, mais en secret.

Selon certains analystes, Ronald Reagan cherche à mettre à genoux les Soviétiques en trois phases :

  • il vise, par ce système (IDS), à empêcher leurs attaques nucléaires;
  • il veut que l’Arabie saoudite inonde le marché avec son pétrole pour faire diminuer les prix, ce qui ferait mal aux Soviétiques qui dépendent de l’argent du pétrole;
  • il veut coincer les Soviétiques dans un conflit impossible à gagner, ce qui arrive quand ils envahissent l’Afghanistan en 1979.
Un dessin représente un système spatial de défense par satellites.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une représentation de l’Initiative de défense stratégique (IDS) américaine de 1983.

Photo : Domaine public

Les Soviétiques sont déjà fragiles économiquement. Ils ne peuvent répondre à cette stratégie que Ronald Reagan annonce à la télévision américaine le 23 mars 1983.

Une technologie complexe

Peu après l’annonce de leur président, 61 % d’Américains approuvent la création d’un tel système de défense. Le Congrès est plutôt sceptique et dénonce la complexité du système, tant économique que technologique. Ses détracteurs soulignent son irréalisme, comme dans les films de Star Wars.

Les Soviétiques sont consternés. Incapables de rivaliser avec un tel système, ils craignent que le système politique international souffre d’un déséquilibre des puissances. En réplique, le dirigeant russe Youri Andropov propose le projet Polyus, constitué de missiles qui pourraient neutraliser les satellites américains.

L’IDS américaine contrevient à plusieurs traités internationaux, notamment celui de l’espace qui, depuis 1967, y interdit l’utilisation d’armes de destruction massive. De plus, les traités ABM et SALT, signés en 1972, limitent les États-Unis et l’URSS à des systèmes terrestres de défense antimissile.

Les plus grands obstacles encore sont ceux qui relèvent de la technique. Les tests effectués se révèlent tous non concluants. Ça ne fonctionne pas, c’est compliqué. Entre 1983 et 1991, on dépense 11 milliards de dollars pour réaliser ce projet qui ne donne aucun résultat.

Karine Prémont, politologue

La démission de Mikhaïl Gorbatchev de la tête de l’URSS, en décembre 1991, scelle le sort de ce projet. Officiellement, l’IDS prend fin en 1993.

L’IDS aura cependant forcé l’URSS à négocier, en particulier en 1985 lors du sommet de Reykjavik, en Islande, où des discussions ont lieu entre Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev.

L’idée continue de faire du chemin dans l’esprit des présidents qui succèdent à Ronald Reagan. George H. Bush croit à un système de moyenne portée pour se protéger des attaques de groupes terroristes ou d’États voyous. En 1999, Bill Clinton souhaite un système contre les missiles de la Corée du Nord. Les attentats du 11 septembre 2001 remettent l’IDS à l’ordre du jour. Enfin, Donald Trump vient de proposer, il y a quelques mois, un système antimissile déployé dans l’espace.

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