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Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

Du lundi au jeudi de 20 h à 20 h 30
(en rediffusion le samedi à 00 h 30)

Olivier Guimond, un génie du burlesque

Audio fil du jeudi 24 janvier 2019
Photo en noir et blanc d'un homme qui regarde la caméra.

Le comédien Olivier Guimond en 1970

Photo : Radio-Canada / André Le Coz

Olivier Guimond a fait ses premiers pas sur scène au début des années 1930, avant de devenir une grande vedette de la télévision à la fin des années 1950. Pour certains, il a été le Charlie Chaplin du Québec, pour d'autres, le père de l'humour québécois. Son importance est telle que le trophée remis aux meilleurs humoristes de la province porte son prénom. Pierre Lavoie, doctorant en histoire à l'Université de Montréal, raconte les moments exceptionnels de la carrière d'Olivier Guimond.

Olivier Guimond fils naît en 1914 dans une famille d’artistes. Son père est une grande vedette du burlesque; sa mère, Effie MacDonald, une danseuse. Ses parents effectuent de fréquentes tournées au Québec, en Ontario et en Nouvelle-Angleterre.

Désireux de lui offrir une vie différente de celle d’artiste, ses parents l’envoient en pensionnat au Collège Mont-Saint-Louis, où il demeure jusqu’à ses 16 ans. Il fréquente par la suite le Collège O’Sullivan, mais il abandonne ses études rapidement, car il veut rejoindre ses parents sur scène.

Document d'époque, un peu jauni, d'une fiche d'un étudiant.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La fiche d'Olivier Guimond au Collège Mont-Saint-Louis

Photo : Collège Mont-Saint-Louis

Dès ses débuts, en 1931, le fils fréquente parfois les mêmes scènes que son père. En 1934, lorsque le producteur et directeur de théâtre Jean Grimaldi le recrute dans sa troupe, Olivier Guimond emprunte le surnom d’artiste de son père, Ti-Zoune, en ajoutant « Junior ».

Leurs carrières se chevauchent pendant une décennie. La relation est conflictuelle, car son père ne veut pas qu’il fasse ce métier et ne veut pas se faire voler la vedette. Ce conflit marque Olivier Guimond toute sa vie. L’homme est angoissé, anxieux, bref, il est un clown triste qui développera des problèmes d’alcool.

Un acteur burlesque et physique

Comme bien des acteurs de la scène burlesque, Olivier Guimond sait chanter, danser et jouer.

Il se fait surtout reconnaître pour son humour corporel. Il est très souple, il est très agile, il tombe très bien. […] Son visage est extrêmement plastique. Ses expressions faciales sont très émouvantes, très comiques à d’autres moments.

Pierre Lavoie, doctorant en histoire

Il crée des numéros comparables à ceux de Charlie Chaplin.

La télé, le succès

Après quelques apparitions à Radio-Canada à la fin des années 1950, Olivier Guimond accède au statut de vedette du petit écran à Télé-Métropole, notamment dans Le zoo du capitaine Bonhomme, et surtout dans Cré Basile, diffusée de 1965 à 1970.

Ce succès lui ouvre les portes de la publicité, dont celles de la bière Labatt 50. Grâce au slogan « Lui, y connaît ça! », les ventes de cette brasserie augmentent au Québec.

En 1970, il revient à Radio-Canada, mais l’émission La branche d’Olivier est un échec. Cette même année, Olivier Guimond passe à l’histoire de l’humour québécois grâce à son rôle du soldat au Bye bye. Ce numéro très réussi est diffusé alors que la crise d’Octobre se termine à peine.

On revient à ses talents naturels, vers l’improvisation. Plusieurs personnes mentionnent, dont Denis Drouin, son collègue, que le numéro est pratiquement improvisé; il invente presque le numéro en temps réel.

Pierre Lavoie, doctorant en histoire
Un des rôles marquants d'Olivier Guimond : son soldat devant une maison de Westmount durant le <i>Bye bye 1970</i>Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un des rôles marquants d'Olivier Guimond : son soldat devant une maison de Westmount durant le Bye bye 1970

Photo : Radio-Canada / ICI Radio-Canada/Francis J. Menten

Malgré ce triomphe, Olivier Guimond vit mal l’échec de l’émission La branche d’Olivier, selon ses proches. Après quelques années de sobriété, il recommence à consommer de l’alcool et il meurt en 1971, à 57 ans.

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