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Jacques Beauchamp
Audio fil du jeudi 17 janvier 2019

Jackie Robinson, véritable légende du baseball

Publié le

Jackie Robinson en 1954 en pleine action sur le terrain de baseball
Jackie Robinson en 1954   Photo : Bob Sandberg / Bibliothèque du Congrès des États-Unis

Ses performances sur le terrain de baseball ont soulevé les foules dans la métropole québécoise, lors de la saison 1946-1947 des Royaux de Montréal. Mais ce qui a rendu Jackie Robinson célèbre, c'est qu'il est devenu ensuite le premier Noir à faire partie d'une équipe professionnelle de ce sport aux États-Unis, le 15 avril 1947. Benoît Melançon, professeur au Département de littérature et de langue française à l'Université de Montréal, raconte l'histoire de ce grand athlète.

Depuis les années 1880, les Afro-Américains ne peuvent jouer dans les équipes professionnelles de baseball majeur aux États-Unis.

Jackie Robinson arrive dans une situation évidemment hostile, celle des Noirs aux États-Unis en général. Il incarne un moment de rupture. On le choisit pour des qualités personnelles qui assureront le plus grand succès à cette rupture spectaculaire pour les années 1940.

Benoît Melançon, professeur de littérature et de langue française

Un athlète naturel

Adolescent, Jackie Robinson excelle au football, au basketball, en athlétisme et au tennis; étrangement, le baseball est le sport dans lequel il s’illustre le moins.

Il entre à l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA) et y devient le sportif par excellence. Il ne termine cependant pas ses études et s’engage dans l’armée pendant la Seconde Guerre mondiale. Il se bute à l’autorité lorsqu’il refuse de s’assoir à l’arrière d’un autobus militaire. Il est innocenté en cour martiale et est libéré honorablement de l’armée américaine sans jamais avoir eu à se battre en Europe.

En 1945, les Monarchs de Kansas City, une équipe de la ligue afro-américaine, le recrutent. Par la suite, il est repéré par les Dodgers de Brooklyn. Branch Rickey, le copropriétaire et directeur général de l’équipe, le choisit pour plusieurs raisons : c’est un bon joueur de baseball, il défend ses valeurs et il sait se contrôler. Le joueur promet au propriétaire de ne pas répliquer aux attaques racistes dont il fera l’objet.

Regardez la bande annonce du film 42 : l’histoire de Jackie Robinson

Jackie Robinson suit le parcours habituel des ligues mineures. Il est donc envoyé dans la filiale des Dodgers, qui se trouve à Montréal, en 1946. Il connaît une bonne saison et reçoit le titre de joueur le plus utile de la ligue cette année-là.

Le 15 avril 1947, il joue son premier match avec les Dodgers de Brooklyn. Rien n’est facile. Les joueurs des autres équipes et les spectateurs l’insultent et l’agressent.

Il est tout seul. Même si ses coéquipiers finissent par [le soutenir], à l’origine, ils ne sont pas tous là pour prendre sa défense. Bien au contraire, il y a des joueurs qui prétendent faire la grève en disant qu’ils ne veulent pas jouer avec un Noir.

Benoît Melançon, professeur de littérature et de langue française
Jackie Robinson s'échauffe lors d'un match entre les Dodgers et les Yankees de New York à Brooklyn.
Jackie Robinson s'échauffe lors d'un match entre les Dodgers et les Yankees de New York à Brooklyn. Photo : Getty Images/Hulton Archive

Jackie Robinson respecte son entente avec Branch Rickey : il ne répond pas aux attaques auxquelles il fait face. Il reçoit même le titre de recrue de l’année en 1947.

Il évolue pendant 10 ans dans les ligues majeures. C’est un joueur rapide et un voleur de buts efficaces : il a d’ailleurs volé 19 fois le marbre, un jeu difficile à réaliser.

En matière de droits civiques afro-américains, Jackie Robinson se distingue de Martin Luther King et de Malcolm X. Sur le plan politique, il est surtout conservateur. Durant toute sa vie, il ne demande qu’une chose : que ses droits soient respectés.

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