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Jacques Beauchamp
Audio fil du jeudi 10 janvier 2019

Fats Waller, pianiste de génie et géant du jazz

Publié le

Photo en noir et blanc d'un pianiste qui rit.
Fats Waller   Photo : Getty Images / Evening Standard

Le nom de Fats Waller (Thomas Wright Waller) est indissociable de l'histoire du jazz. Ce pianiste virtuose, considéré comme le meilleur des années 1920, a composé quelques-uns des meilleurs classiques de ce genre musical, dont Ain't Misbehavin, Black and Blue et Honeysuckle Rose. L'auteur-compositeur-interprète Steve Normandin remet en contexte sa contribution à l'histoire du jazz.

Le jeu au piano de Fats Waller, extrêmement rythmique et d’une grande légèreté, explique entre autres son influence.

[Waller] a compris ce qui plaît au public de cette époque. Il fait une synthèse du jazz au piano. Il est un orchestre à lui tout seul. Ses mains sont surdimensionnées. […] C’est ce qui explique que son jeu soit si évolué et si riche.

Steve Normandin, auteur-compositeur-interprète

Non seulement Fats Waller est un musicien hors pair, mais en plus, il est une véritable bête de scène qui allie virtuosité musicale et plaisir.

Des origines gospel

Né à New York en 1904, Fats Waller entre en contact avec la musique tôt. Son père étant pasteur, il joue donc de la musique gospel et negro spiritual dans les églises. Lorsque le jeune Fats Waller entend cette musique toute nouvelle qu’est le jazz, les tensions avec son père commencent. À 15 ou 16 ans, il quitte la demeure familiale.

Il se réfugie chez son père spirituel, James P. Johnson, un célèbre pianiste de jazz et compositeur de New York qui lui ouvre certaines portes du milieu musical.

Très vite, Fats Waller devient populaire dans les années 1920. En 1922, à 18 ans, il enregistre sa première composition, Squeeze Me. Il devient un musicien recherché dans les rent parties, des soirées privées où des musiciens jouent devant un public, en échange d’une rémunération.

Les gangsters amoureux de musique financent les cabarets et possèdent plusieurs maisons d’édition musicale. Le talent de Fats Waller les attire. Après une soirée privée, deux gorilles enlèvent Fats Waller et l’emmènent dans une demeure où se trouve Al Capone, un de ses plus grands admirateurs. Fats Waller joue ainsi pour Capone et ses invités trois ou quatre soirées de suite.

Le compositeur

Vers 1925, Fats Waller rencontre le parolier Andy Razaf. Ensemble, ils créent Ain’t Misbehavin et Honeysuckle Rose, deux titres importants du jazz des années 1920 et 1930. Ain’t Misbehavin devient un énorme succès.

Dans Saint Louis Blues, un autre grand succès, l’orgue Hammond B-3 se trouve en avant-plan de l’espace sonore. Fats Waller est l’un des premiers musiciens à utiliser l’orgue comme instrument de jazz et de swing.

En 1935 et 1936, le pianiste et compositeur se bute à un dilemme. Les musiciens de jazz se divisent en deux camps : celui de la musique de danse, comprenant des arrangements sophistiqués tels que préconisés par Duke Ellington et Count Basie, et celui des musiques de fête et de beuverie.

Fats Waller veut aussi faire de la grande musique, toujours en restant dans l’esprit du jazz, mais il veut amener un élément de composition beaucoup plus élaboré, comme le fait Ellington.

Steve Normandin, auteur-compositeur-interprète

Fats Waller compose donc une pièce audacieuse qui évoque son voyage en Grande-Bretagne, London Suite. Malheureusement, il n’a pas la chance de la jouer bien souvent, car il plonge encore plus dans l’alcool, et meurt à 39 ans d’une pneumonie.

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