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Jacques Beauchamp
Audio fil du mercredi 9 janvier 2019

John Fitzgerald Kennedy : un mythe persistant remis en question

Publié le

Photo en noir et blanc d'un homme qui parle devant une tribune et des micros.
John F. Kennedy   Photo : Getty Images / National Archives

Mort jeune et dans des circonstances tragiques en 1963, John Fitzgerald Kennedy incarnait la jeunesse d'une Amérique nouvelle et à l'avenir prometteur. Depuis les années 90, plusieurs historiens remettent en question son mythe. André Champagne départage cette image parfaite, qui est encore très présente dans l'imaginaire collectif américain et occidental, de l'héritage politique et de la vie personnelle du 35e président des États-Unis.

En prenant le pouvoir à 43 ans, le 20 janvier 1961, John F. Kennedy devient le plus jeune président des États-Unis. Il représente la jeunesse et l’esprit de renouvellement insufflé par les années 60, et il est le premier président américain qui ne soit pas né au 19e siècle.

Kennedy est également le premier président télégénique, ce qui plaît aux baby-boomers, qui ont soif de changement. Brillant orateur et communicateur, il possède en plus une très belle voix. Son discours d’assermentation est notamment célèbre.

Cet homme incarne une Amérique forte, une Amérique qui a confiance en elle, et une Amérique qui voit qu’elle a des possibilités immenses.

André Champagne, historien
Photo en noir et blanc d'une douzaine de personnes debout sur une plateforme qui porte le sigle du président des États-Unis.
L'assermentation du président des États-Unis, John F. Kennedy, en 1961. Photo : Getty Images/Hulton Archive

Le mythe du président s’incruste véritablement dans les esprits après son assassinat à Dallas, le 22 novembre 1963, qui est transmis en direct à la télévision. Sa présidence prend ainsi fin soudainement, et son successeur, Lyndon Baines Johnson, qui est à peine plus vieux que lui, fait contraste, malgré lui.

Des politiques remises en question

En matière de politique intérieure, John F. Kennedy est un piètre président, notamment sur la question des droits civiques aux États-Unis, le dossier le plus important de l’époque. Il ne s’en intéresse qu’à partir de 1963. Lyndon B. Johnson complète ce dossier après sa mort.

Les décisions de Kennedy en matière de politique extérieure sont également remises en question, même s’il est l’homme qui a empêché la guerre entre les États-Unis et l’U.R.S.S. L’incident de la baie des Cochons en 1961, préparé sous Eisenhower, est une humiliation pour lui et les États-Unis, qui voulaient renverser Castro.

Photo en noir et blanc d'un homme assis devant un bureau. Une nuée de caméras de télévision et quelques photographes sont devant lui.
John Fitzgerald Kennedy annonce à la télévision la mise en quarantaine de Cuba. Photo : Getty Images/Keystone

Le Vietnam demeure une autre épine dans le pied de la présidence Kennedy, car c’est ce dernier qui engage les États-Unis dans ce conflit. Quand Kennedy entre à la Maison-Blanche, en janvier 1961, 600 conseillers militaires se trouvent au Vietnam. À sa mort, en novembre 1963, il y en a 16 000.

Malgré son image de jeune premier, John Fitzgerald Kennedy est pourtant un homme profondément malade, un fait caché durant toute sa carrière.

Si l’Amérique avait été informée de son état de santé, il n’aurait même pas pu être candidat pour le Sénat en 1952, encore moins candidat à la présidence en 1960.

André Champagne, historien

Aujourd’hui, avec les chaînes d’information en continu, la multiplication des enquêtes journalistiques et la sophistication des médias électroniques, son état de santé aurait été dévoilé, et ses relations extraconjugales feraient scandale.

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