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Samantha Smith, la fillette qui a touché l’URSS en pleine guerre froide

Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

Du lundi au jeudi de 20 h à 20 h 30

Samantha Smith, la fillette qui a touché l’URSS en pleine guerre froide

Audio fil du jeudi 25 mai 2017
Samantha Smith est reçue par des jeunes Soviétiques à son arrivée en Crimée, en juillet 1983.

Samantha Smith est reçue par des jeunes Soviétiques à son arrivée en Crimée, en juillet 1983.

Photo : Getty Images / Hulton Archive / Fotokhronika Tass / Valery Zufarov

En 1982, Samantha Smith, une Américaine de 10 ans, exprimait dans une lettre ses craintes d'une guerre nucléaire au dirigeant de l'URSS, Iouri Andropov. Puisqu'il est démonisé par les États-Unis, elle est persuadée qu'Andropov est le principal responsable de la guerre froide et l'exhorte candidement à faire la paix. Karine Prémont, professeure de politique à l'Université de Sherbrooke, explique que la candeur et la quête de la paix de Samantha ont atténué, pour quelques instants, les tensions entre les deux pays.

Combat de coqs entre deux dirigeants
Les années 80 sont marquées par la peur d’une guerre imminente entre les deux superpuissances que sont les États-Unis et l’URSS. La peur de l’autre justifie la propagande orchestrée par certains politiciens, dont Ronald Reagan. « Il arrive avec un discours farouchement anticommuniste, plutôt agressif, porté sur le réarmement des États-Unis », explique Karine Prémont.

Iouri Andropov, ancien du KGB, adopte des positions extrêmement fermées. Il avait maté les révoltes à Prague et avait ordonné la fin de la dissidence en Hongrie. Il succède à Léonid Brejnev comme dirigeant de l’URSS en 1982. La même année, le Time Magazine illustre sa couverture d'un portrait d’Andropov, un portrait sombre, menaçant. « On craint ce choc entre deux présidents aux positions fermées », dit Karine Prémont.

L’URSS instrumentalise Samantha Smith
Un journaliste de la United Press International contacte Samantha en 1983 pour lui annoncer que des extraits de sa lettre sont parus dans le journal russe La Pravda. « On se sert de la lettre de Samantha pour parler de la propagande antisoviétique que les enfants recevaient alors dans les écoles américaines, précise la professeure en politique appliquée. L’occasion est trop belle pour Andropov [...] de montrer du doigt Reagan et son entourage [et de laisser croire qu’il] constitue une menace à cette stabilité internationale. »

Ambassadrice de la paix
Le président Andropov invite Samantha et toute sa famille à Moscou pour lui prouver que les Soviétiques sont un peuple pacifique et enclin à la discussion. « L’URSS a profité de l’affaire Samantha Smith. Ils l’ont utilisée comme un outil de propagande, de relations publiques, et comme un outil publicitaire », croit Karine Prémont. Andropov reçoit la fillette en grande pompe, comme une ambassadrice. « Elle va s’adresser à des enfants de son âge, à des journalistes soviétiques également, dit Karine Prémont. Elle fait une tournée comme une diplomate ».

Retour triomphal
« Très peu de gens à l’époque [...] se rendent de l’autre côté du rideau de fer et en reviennent sains et saufs pour raconter ce qu’ils ont vu », explique Karine Émont. À son retour aux États-Unis, Samantha Smith est reçue en héroïne. Elle publie un livre, fais la tournée des émissions, et Disney Channel lui propose même d’animer une émission qui porte son nom. Le 25 août 1985, âgée de 13 ans, elle meurt dans un accident d’avion.

Samantha Smith de passage au The Tonight Show avec Johnny Carson - 28 juillet1983

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