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Gérald Godin, le député-poète 

Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

Du lundi au jeudi de 21 h à 22 h

Gérald Godin, le député-poète 

Le député-poète Gérald Godin
Gérald Godin, écrivain, directeur des Éditions Parti Pris, 1969

Gérald Godin, 1969

Photo : Bibliothèque et Archives nationales du Québec/ Gabor Szilasi

« Je dirais que [la politique et la poésie sont] imbriquées. Une maille à l'envers, une maille à l'endroit. La maille à l'endroit, c'est la politique et la maille à l'envers, c'est la littérature et le roman », affirmait Gérald Godin au micro de Suzanne Giguère à l'émission Les belles heures en 1990. Jonathan Livernois, professeur d'histoire littéraire et intellectuelle à l'Université Laval, dresse le portrait de cet homme engagé qui a marqué l'histoire politique et culturelle québécoise.

Né en 1938 à Trois-Rivières, Gérald Godin a vite pris goût à la poésie, qui a été centrale toute sa vie durant. Son père, Paul Godin était médecin et poète à ses heures. Le jeune Godin a quitté le séminaire Saint-Joseph de Trois-Rivières prématurément et a commencé sa carrière de journaliste au Nouvelliste à l’âge de 20 ans. Jonathan Livernois rappelle que Gérald Godin a toujours eu trois passions : la poésie, le journalisme et la politique.

La poésie avant tout

Godin a publié son premier recueil de poésie en 1960. « [La poésie], c’est central dans sa vie. Jusqu’à la fin, il écrit de la poésie. » Jonathan Livernois explique que ce qui a fait la renommée poétique de Gérald Godin, c’est son « cantouque », ce mot qui tire son origine de l’expression anglaise « can’t hook », utilisée par les draveurs et qui désigne un levier de bois garni d’un crochet utilisé pour déplacer les billes de bois. Godin avait l’art de franciser les mots et de leur donner une beauté. L’historien explique que le poète a ramené à l’avant-plan la langue du peuple et des mots que l’on dévaluait, et il en a fait de la poésie.

Il a un goût fort pour les québécismes et aussi pour les structures de phrases fautives, [et il] leur donne une dimension poétique. Il fait de la poésie avec les mots de l’aliénation.

Jonathan Livernois
Gérald Godin est au micro lors d'un rassemblement politique.

Gérald Godin lors d'un rassemblement politique.

Photo : Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ)

Godin, le militant

« Ce qu’on retient finalement [de Gérald Godin], c’est surtout le militant. Cette image du couple Godin-Julien, ça personnifie la Révolution tranquille, les combats et les remises en question. » Gérald Godin s’est intéressé à la politique à partir de 1974. En 1976, à l’aube des élections provinciales québécoises, on lui a demandé de représenter le Parti québécois dans la circonscription de Mercier, celle du premier ministre sortant, Robert Bourassa. À ce moment, le poète n’avait aucune chance de battre son adversaire. Pourtant, contre toute attente, grâce à sa ténacité et sa popularité auprès des électeurs, il a été élu député du Parti québécois le 15 novembre 1976. Jonathan Livernois explique que Gérald Godin s’est approprié sa circonscription, qu’il considérait comme son village. Il a créé un réel contact avec la communauté, en particulier avec les communautés culturelles.

Il a été nommé par René Lévesque ministre des Communautés culturelles et de l’Immigration en 1981. Selon Jonathan Livernois, c’est là qu’il a fait sa marque, puisqu’il a ouvert le projet nationaliste aux communautés culturelles. « De ce point de vue là, c’est le legs le plus fort de Godin, son rapport aux autres. »

Atteint d’un cancer du cerveau en 1984, il en est mort 10 ans plus tard, en 1994, alors qu’il n’avait que 54 ans. Sa conjointe, Pauline Julien, est décédée 4 ans plus tard.

Avec sa poésie, le député-poète a voulu donner une voix aux moins fortunés, et en politique, c’est un pays qu’il a voulu offrir à tous les Québécois, quel que soit leur pays d’origine. Il est le seul véritable député poète que le Québec ait connu au 20e siècle.

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