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Au coeur du monde

Avec Kim Bergeron

En semaine de 15 h à 17 h 30

Bilinguisme nécessaire pour les anglophones de la Baie-des-Chaleurs?

Audio fil du vendredi 26 octobre 2018
Maude Rivard s'entretient avec Dave Felker et Wendy Dawson

Maude Rivard s'entretient avec Dave Felker et Wendy Dawson

Photo : Radio-Canada / Luc Paradis

Même s'ils admettent que plusieurs unilingues anglophones de la Baie-des-Chaleurs vivent très bien dans leur milieu, des parents anglophones croient que leurs enfants devraient apprendre le français à l'école. Ils estiment que le bilinguisme leur ouvrirait davantage de portes.

Un texte de Brigitte Dubé, avec les informations de Maude Rivard

Ces parents étaient les invités d’une table ronde animée par Maude Rivard, à l’émission Au cœur du monde.

Wendy Dawson, une entrepreneure anglophone parfaitement bilingue et mère de trois enfants, rappelle que 59 % des anglophones de la Gaspésie se trouvent dans la MRC Bonaventure et d’Avignon. Selon elle, la communauté anglophone est bien intégrée à la francophone, mais elle souligne certaines faiblesses, surtout en ce qui concerne la langue. On a créé certains silos, déplore-t-elle. Certains anglophones ne parlent pas français et ne peuvent travailler en français.

Le bilinguisme pour retenir les jeunes anglophones

Wendy Dawson, entrepreneureAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Wendy Dawson, entrepreneure

Photo : Radio-Canada / Luc Paradis

Wendy Dawson s’implique à la commission scolaire Eastern Shore. Selon elle, le système scolaire n’a pas mis en priorité le bilinguisme pour la clientèle. Je pense que c’est nécessaire, estime-t-elle. Nos jeunes quittent la région pour aller étudier ailleurs et ne reviennent pas s’ils n’ont pas réussi à maîtriser la langue française.

L’attachement demeure fort pour nos jeunes. Ils reviennent l’été et ils sont contents, mais ce ne sont pas des gens qui vont faire leur vie ici et ça, c’est triste.

Wendy Dawson, entrepreneure anglophone

Le bilinguisme des deux côtés

Wendy Dawson estime qu’il serait nécessaire que les jeunes sortent de l’école bilingues. Elle va plus loin en recommandant le bilinguisme « des deux côtés ».

Si le bilinguisme était mis en valeur, notre école pourrait travailler avec l’école francophone, avance-t-elle. Elles sont voisines. Il me semble que ce serait nécessaire d’assurer un bilinguisme des deux bords parce qu’on pourrait partager des ressources. Elle mentionne que leur école n’a pas d’orthophoniste ni de psychologue. Les anglophones n’ont qu’une travailleuse sociale pour toute la Baie-des-Chaleurs

Ça existe ailleurs, ce genre de collaboration. Il y a des commissions scolaires anglophones qui se sont adaptées pour offrir plus de français dans leurs écoles.

Wendy Dawson, entrepreneure anglophone

On n’est pas les seuls, il y a des manques semblables chez les francophones, ajoute Wendy Dawson. Mais on est affaiblis à cause de ça. Ça crée des gros trous. Il y a des réalités socioéconomiques qui font qu’on a besoin de ces services.

Wendy Dawson dit tenter d’insuffler un vent de changement à la commission scolaire Eastern Shore. Ce serait le temps de changer, de créer une nouvelle vision. On a la commission scolaire anglophone la plus petite du Québec, mais qui englobe la plus vaste région. Il y a 1100 élèves répartis dans 18 écoles situées à Métis-sur-Mer, sur la Côte-Nord en Gaspésie et aux Îles.

Elle rappelle que d’autres commissions scolaires ont réussi à s’assurer que leur clientèle sorte bilingue.

D’unilingue anglophone à bilingue, grâce au football

Dave Felker, le directeur de la Corporation d’employabilité et de développement économique communautaire, résident de Shigawake et citoyen impliquéAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Dave Felker, le directeur de la Corporation d’employabilité et de développement économique communautaire, résident de Shigawake et citoyen impliqué

Photo : Radio-Canada / Luc Paradis

Selon Dave Felker, le directeur de la Corporation d’employabilité et de développement économique communautaire, résident de Shigawake et citoyen engagé, c’est un besoin d’être bilingue ici.

Plusieurs personnes fonctionnent très bien en demeurant unilingues anglophones, mais à mon avis, il y a davantage de portes qui s’ouvrent quand tu maîtrises les deux langues, plaide-t-il. Il y a des cours qui sont réclamés et offerts, mais bien peu s’y inscrivent. Je ne comprends pas.

Originaire de l’Ontario et unilingue anglophone, Dave Felker a appris le français en s’impliquant comme bénévole dans le football.

S’impliquer comme bénévole, c’est la meilleure chose pour apprendre le français. Il faut sauter dans le feu! Ne pas être gêné de faire des fautes.

Dave Felker, directeur de la Corporation d’employabilité et de développement économique communautaire, résident de Shigawake et citoyen impliqué

Dave Felker a choisi d’envoyer ses enfants à l’école française. Je ne suis pas nécessairement aimé dans la communauté anglophone pour ça, mais mes enfants sont beaucoup plus bilingues que moi, estime-t-il. Ça va leur donner plus d’opportunités, mais c’est aussi pour avoir un plus grand réseau. Mes enfants ont plus d’amis des deux côtés et pour le futur, ils vont avoir plus de facilité pour trouver un travail.

Se rapprocher entre « Francos » et « Anglos »

Éric Dubé, maire de New Richmond et préfet de la MRC de BonaventureAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Éric Dubé, maire de New Richmond et préfet de la MRC de Bonaventure

Photo : Radio-Canada / Luc Paradis

Pour sa part, le préfet de la MRC de Bonaventure et maire de New Richmond, Éric Dubé, mentionne que 20 % de sa population est anglophone. Selon lui, les anglophones ont accès aux services municipaux dans leur langue. Ça fait partie de notre richesse culturelle c’est un grand avantage, considère-t-il.

Le défi, c’est l’intégration. C’est d’amener nos deux communautés à se rapprocher. Ça prend de l’ouverture, mais des deux côtés.

Éric Dubé, préfet de la MRC de Bonaventure et maire de New Richmond

Je suis maire depuis 5 ans et je vois le changement, ajoute M. Dubé. Avant, on voyait plus de fermeture. Il faut continuer par l’éducation et encourager ce rapprochement-là.

Du côté des anglophones autochtones, Dave Felker travaille avec Listuguj et Gesgapegiag. Ils réalisent de plus en plus que c’est possible de s’asseoir autour d’une table ensemble, observe-t-il.

Tous s’entendent pour dire que les trois communautés ont tout intérêt à se parler et à travailler ensemble.

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