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Audio fil du jeudi 30 août 2018

Les stocks de thon rouge sont rétablis

Publié le

Un thon rouge est débarqué au quai de Shippagan.
Un thon rouge est débarqué au quai de Shippagan.   Photo : Radio-Canada / Pierre Cotton

Plus tôt cette semaine, l'explorateur des fonds marins Mario Cyr se demandait si la pêche au thon rouge est une pêche durable. Nous avons posé la question à un analyste indépendant dans le monde des pêches, Jean-Jacques Maguire.

Un texte d’Élise Thivierge d’après les informations de Maude Rivard.

Jean-Jacques Maguire a travaillé pour Pêches et Océans Canada de 1977 à 1996. Il y menait l'équipe d'évaluation des stocks. Il a notamment participé à la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique. Selon lui, l’espèce s’est rétablie.

Il mentionne que les thons de l’Atlantique Est et les thons de l’Atlantique Ouest migrent entre les deux côtés de l’Atlantique. Il soutient que le thon rouge a été surexploité des deux côtés de l’océan durant quelques décennies. La gestion du thon dans l’Atlantique Ouest est sérieuse depuis le début des années 1980. Ça a pris un bout de temps avant que le thon réagisse aux mesures de gestion, mais maintenant, il semble avoir réagi, et on pense que le stock est reconstruit, dit Jean-Jacques Maguire.

Pêche au thon rouge
Pêche au thon rouge   Photo : Courtoisie : Myriam Cyr Desbois

Jean-Jacques Maguire explique que les thons qui se rendent au golfe du Saint-Laurent sont souvent nés dans le golfe du Mexique. Ce sont des thons généralement matures, parmi les plus gros, d’un certain âge, donc ils sont passés dans plusieurs pêches avant de nous atteindre, rapporte l’analyste.

Les captures maximales de thon rouge, au début des années 1960 dans l’Atlantique Ouest, elles étaient autour de 18 000 tonnes. Elles ont diminué énormément ensuite autour de 6000 tonnes jusqu’au début des années 1980. Ensuite, au début des années 2000, c’est devenu moins de 2000 tonnes.

Jean-Jacques Maguire, analyste indépendant

Du côté de l’Atlantique Est, Jean-Jacques Maguire rapporte que l’effort de pêche a considérablement augmenté au milieu des années 1990. Des mesures de contrôle ont été adoptées par l’Union européenne en 2008, et le stock s’est reconstruit assez rapidement.

Un thon rouge.
Un thon rouge. Photo : Associated Press/Chris Park

Un rétablissement rapide de l’espèce

En mai 2011, le comité sur la situation des espèces en péril a recommandé de classer le thon rouge comme espèce en voie de disparition. Jean-Jacques Maguire soutient que le rétablissement de l’espèce a commencé à ce moment-là. La dernière évaluation du stock de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique montre assez clairement que les deux stocks sont reconstruits, soutient-il.

On peut espérer les maintenir à une biomasse raisonnable qui permet une bonne pêche tout en respectant un équilibre environnemental.

Jean-Jacques Maguire, analyste indépendant
Pêche au thon rouge aux Pêcheries Raymond Desbois
Pêche au thon rouge aux Pêcheries Raymond Desbois   Photo : Courtoisie : Myriam Cyr Desbois

La biomasse augmente depuis 2004

Pour sa part, l’agent régional principal, Espèces pélagiques, mammifères marins, Gestion de la ressource et des affaires autochtones chez Pêches et Océans Canada, Antoine Rivierre, ne se dit pas inquiet pour les stocks de thon rouge.

Il indique qu’ils sont suivis de façon très serrée par les scientifiques.

Il mentionne que le dernier avis scientifique date de 2017 et qu’il démontre que la biomasse augmente depuis 2004, après deux décennies stables. Un plan de rétablissement a été mis en œuvre en 1998.

Il ajoute que la commission internationale qui gère le thon dans l’Atlantique a augmenté deux fois les quotas de pêche, en 2014 et en 2018.

Les données du comité scientifique qui réunit des experts de tous horizons démontrent que les stocks ont un niveau de rétablissement qui permet un certain niveau d’exploitation jugé durable pour la conservation de l’espèce, affirme M. Riverre.

Selon M. Rivierre, les quotas n’augmenteront pas dans les prochaines années.

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