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Utiliser la loi pour faire avancer la cause des Premières Nations en Ontario

À échelle humaine

Avec Isabelle Ménard

Samedi de 7 h à 11 h

Utiliser la loi pour faire avancer la cause des Premières Nations en Ontario

Le visage d'un homme qui regarde directement la caméra.

L'avocat d'origine autochtone Alain Bartleman.

Photo : Radio-Canada

L'avocat autochtone Alain Bartleman lutte pour la justice pour les Autochtones en utilisant sa formation en droit.

Né d’un père Chippewa de la nation Rama (Nouvelle fenêtre), une Première Nation anichinabée installée aux abords du lac Simcoe au nord de Toronto, Alain Bartleman pèse ses mots. Nous sommes un pays au minimum bijuridique. Et vu qu’on a aussi les lois des Premières Nations, on pourrait même dire qu’on un système trijuridique ou plurijuridique.

Pour le juriste, la précision des mots qu’il utilise en discutant de la loi est primordiale. Il se reproche d’ailleurs, en fin d’entrevue, de ne pas avoir parfaitement utilisé les bons termes en français.

Mais, la mécanique de sa pensée, elle, est bien huilée : De pouvoir utiliser ma formation juridique pour lutter pour la justice, pour lutter pour les Premières Nations [...] est très important pour moi.

Questionné sur son identité autochtone, il mentionne d’emblée le récit de sa grand-mère : Le fait d’être mariée avec un homme qui n’était pas autochtone signalait vraiment une coupure avec notre culture autochtone. Elle s’est quasiment fait expulser de notre réserve à Rama.

Il souligne par contre que la matriarche a refusé d’abandonner sa culture, et qu’elle s’est assurée de passer cet héritage aux prochaines générations, ce qui fait qu’aujourd’hui, son petit-fils, Alain Bartleman, défend avec fierté ses origines, en utilisant le droit : Le mélange entre le droit constitutionnel et les droits autochtones m’intéresse.

Impossible d'éviter avec lui la question de la loi sur les Indiens (Nouvelle fenêtre), document central de la relation entre le gouvernement fédéral et les premiers peuples canadiens. En fin de compte c’est une loi qui est à la fois raciste, mal écrite, mal gérée, et qui a été créée dans un esprit génocidaire, dit-il.

Mais pour l’avocat de Toronto, le problème de la question autochtone dépasse largement l’univers du droit. En commentant l’affaire Colten Boushie, où un fermier blanc de la Saskatchewan rurale, a été acquitté du meurtre et de l’homicide involontaire d’un jeune cri de 22 ans, M. Bartleman lance : Si la réaction d’un fermier est de prendre un fusil et de commencer à tirer quand il voit un jeune homme de couleur un peu plus foncé, il faut se demander d’où vient cet instinct.

Cet événement met en lumière plusieurs aspects des problématiques entre le Canada et ses Premières Nations, selon lui. L’indifférence et la brutalité sont deux visages du même problème, c’est-à-dire le colonialisme.

Alain Bartleman reste tout de même positif pour le futur des premiers peuples canadiens : Il faut continuer à travailler, il faut continuer à lutter, c’est un processus, de perdre patience, de se fâcher [...] ne sert à rien.

La Première Nation des Chippewas de Rama compte 1900 membres au sein de sa communauté.

La Première Nation des Chippewas de Rama compte 1900 membres au sein de sa communauté.

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Ratel

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