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Un grand frère arraché par la guerre, les souvenirs encore vifs d’une petite sœur

À échelle humaine

Avec Isabelle Ménard

Samedi de 7 h à 11 h

Un grand frère arraché par la guerre, les souvenirs encore vifs d’une petite sœur

Une personne debout au milieu de dizaines de croix dans un cimetière militaire canadien en Europe.

Photo extraite du cartable assemblé par Marie Laberge en souvenir de son frère le sergent Lucien Laberge.

Photo : Radio-Canada

Marie Laberge, une dame de 84 ans de Val Rita-Harty, partage la douloureuse mémoire de la mort au combat de son frère, le sergent Lucien Laberge.

Mon grand frère, Lucien Laberge, est toujours présent dans ma vie, et dans la vie de tous ceux qu’il l’ont connu dans ce temps-là, et même dans ma famille, mes enfants et mes petits-enfants., dit-elle d’emblée.

Pour la passionnée d’histoire et de généalogie, la mort violente à Uedem en Allemagne, de son grand frère, est un souvenir ancré profondément dans son esprit : La petite fille que j’étais à six ans, elle avait un grand frère, puis c’était un héros. Comme tous les enfants de six ans, quand ils lèvent les yeux et voient leur grand frère qui arrive à la maison, c’est vraiment important.

Frappé par un éclat d’obus, alors que les forces canadiennes poussaient en territoire allemand, Lucien n’est jamais revenu à la maison. La nouvelle de son décès est arrivée au téléphone. [...] Moi j’avais neuf ans, j'arrivais de l’école, tout de suite j’ai vu et j’ai senti l'atmosphère qu’il y avait dans la maison.. , dit-elle retenant un sanglot.

La nouvelle a frappé la famille Laberge et la jeune Marie comme le shrapnell qui lui a arraché son frère. Tout de suite, ma grande sœur Germaine et mes parents me l’ont dit, ajoute-t-elle en se ressaisissant.

Un vieux télégramme de Canadian National Railways.

Télégramme qui annonce la mort du sergent Lucien Laberge.

Photo : Radio-Canada / Marie Laberge

Trois jours avant sa mort, le jeune sergent écrivait une lettre à son frère. C’est peut-être la lettre la plus importante qu’il a écrite, ponctue Mme Laberge. Cette lettre fait partie de la correspondance que Lucien entretenait avec son frère François-Xavier. Marie Laberge conserve soigneusement dans un grand cartable de bois toute la documentation et les détails qu’elle a recueillis sur le passé militaire et la mort de son aîné.

Pour s’assurer que rien de tout ça ne soit oublié, elle a passé des heures plongées dans l’histoire de son frère : À cinq du matin devant mon ordinateur pour retaper tous ces documents-là.

Ce travail acharné de transmission, elle le fait parce qu’elle espère que les prochaines générations feront devoir de mémoire.

Ce qui s’est vécu dans ma famille s’est vécu dans nombre de familles au Canada, puis il y a beaucoup de gens qui se souviennent de leur fils, puis qui le revivent.

Marie Laberge

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