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À échelle humaine

Avec Isabelle Ménard

Samedi de 7 h à 11 h

Vivre avec ses deux enfants dans un refuge : le touchant récit d’une mère camerounaise

Une femme debout dans le stationnement devant la porte de son nouvel appartement.

Une mère camerounaise devant son nouveau domicile.

Photo : Radio-Canada / Olivier Mercure

Une demandeuse d'asile, qui s'est maintenant trouvé un domicile, a séjourné plus d'un an dans une institution pour sans-abri de Scarborough à Toronto.

Nous avons décidé d’assurer l’anonymat de la femme et des enfants dont il est question dans cet article pour ne pas nuire au processus de demande d’asile de la famille et ajouter à la précarité de leur situation.

Il a fallu qu’elle quitte subitement le Cameroun, même si elle était enceinte de huit mois. Elle avait déjà entamé son processus d’immigration vers le Canada, mais en hébergeant son oncle, un opposant au présent régime camerounais, sa sécurité, et celle de son jeune fils, étaient maintenant compromises.

Elle est donc arrivée au Canada, il y a un peu plus d’un an, enceinte de huit mois, en compagnie de son jeune fils, sans aucun contact pour l’aider dans la région de Toronto. Un refuge de l’est de la ville l’a donc hébergée.

Quand je suis arrivée, je ne pouvais pas travailler, je ne connaissais personne, je me suis retrouvée au shelter dit-elle.

Et c’est là qu’elle a trouvé un peu de stabilité dans la tourmente de son brusque déracinement. Vivre dans ce refuge, où elle partageait sa chambre avec son fils de huit ans et où elle a accueilli dans le monde sa fille qui est née ici au Canada, n’était pas de tout repos.

Ce n’est pas évident parce la plupart du temps les enfants jouaient dans le couloir, et avec la COVID-19 c’était très difficile. Mon fils ne pouvait pas comprendre qu’il ne peut plus jouer avec les amis. Je ne pouvais pas l’enfermer dans la chambre.

La mère camerounaise

Mais l’institution de Scarborough est aussi devenue une porte d’entrée vers la vie au Canada. En même temps les gens s’entraident, ça permet de connaître le Canada aussi, mon fils parlait seulement le français et maintenant il parle l’anglais , lance-t-elle, optimiste.

Elle devait ensuite se trouver un domicile. Sans emploi, sans domicile fixe, elle s’est mise à chercher un appartement. Dans un ville en pleine crise du logement, difficile de convaincre un propriétaire avec son profil de locataire.

Elle a donc donné un dépôt de trois mois. De l’argent durement gagné en conduisant pour Uber, quand elle trouvait le temps.

J’ai pris tout l’argent que j’avais pour avoir la maison, donc je n’avais plus d’argent pour meubler.

Et c’est à cet apartement qu’elle a été rencontrée pour l’entrevue. Elle venait tout juste d’y emménager. L’agente immobilière, qui lui avait trouvé cette offre de location, a fait un appel à l'aide en ligne et l’a aidée à trouver des meubles. En deux semaines ma maison était meublée en un temps record se dit-elle reconnaissante.

La petite famille a donc commencé à se refaire un nid en banlieue de Toronto. Son jeune fils est maintenant bien fier de leur nouveau chez-soi. Il a sa chambre, comme il dit. Au refuge, il dormait au dessus de moi.

Elle assure qu’à travers toutes ces épreuves, sa détermination a été constante :

Je ne peux pas me laisser décourager : j’ai deux deux enfants, il faut que je continue à me battre …il y a des matins où tu te réveilles, tu te dis c’est pas possible, "qu’est-ce que je vais faire?". Mais pourquoi? Après tu pleures un peu, tu te relèves et tu continues le combat.

La mère camerounaise

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