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Pascal Boyer&nbsp;: dernière lettre à un grand <em>chum</em>

À échelle humaine

Avec Isabelle Ménard

Samedi de 7 h à 11 h

Pascal Boyer : dernière lettre à un grand chum

Louis-Philippe Dion est debout sur le plateau de Flippons 2018.

Louis-Philippe Dion

Photo : Radio-Canada

À chaque épisode d'À échelle humaine, Isabelle Ménard propose un monologue aux auditeurs pour partager une réflexion, un souvenir, une impression.

Mais cette semaine, on a préféré laisser la parole au comédien et animateur Pascal Boyer, qui partageait sur les médias sociaux il y a quelques jours la nouvelle du décès de Louis-Philippe Dion, son grand ami et collaborateur et une personnalité bien impliquée dans le milieu culturel et médiatique franco-ontarien.

Dernière lettre à un grand chum

Rédigée sur l'autoroute 40, quelque part entre Montréal et Ottawa

Mon très cher LP,

C’est drôle de dire que c’est la dernière lettre, parce que ça suggère qu’il y en a eu d’autres avant alors qu’en fait, c’est que c’est la première ET la dernière. Ben non qu’est-ce que tu veux, on s’est pas écrit des lettres, nous on préférait le spontané, le maintenant, le pouvoir du là là. Mais maintenant que ça fait une semaine que tu es parti, ben j’ai eu l’temps de réfléchir. Ma première conclusion, sans doute d’une longue série de conclusions, c’est que ton silence radio assourdissant me gosse au plus haut point - pour plusieurs raisons évidemment - mais c’est surtout le fait qu’on rira plus ensemble qui me fait de la peine.

Mon dieu qu’on a ri. Des fois c’était drôle pour vrai, des fois on était juste vraiment fatigués, puis des fois on riait de choses qu’on ne pourrait jamais répéter en public. Mais ta manière de me faire entrer dans ton imaginaire, ta voix enveloppante quand tu racontais une histoire, les personnages tous aussi éclatés les uns que les autres. Mon dieu que tu m’as fait rire. Puis pour vrai, si t’avais été là dans la dernière semaine, y'aurait eu quelques messages puis des témoignages qui t’auraient fait rire pas mal.

Et des témoignages y’en a eu. Pis ça, c’est parce t’as eu un impact majeur sur les gens qui t’entourent depuis tes débuts.

Plusieurs te connaissent sous ton nom de camp Micro - comme si t’avais besoin d’aide pour être une des personnes les plus loud que je connaisse. J’ai justement reçu un message d’un de tes anciens campeurs juste pour me dire qu’il va s’ennuyer de toi.

Ensuite, comme animateur culturel, t’as créé des occasions pour que les jeunes de ton école apprécient la langue française sans pour autant leur pousser au fond de la gorge. T’as créé avec ces jeunes Les Garnements, une troupe d’humour. En humour justement, t’as fait ta marque aussi! T’as été un des meilleurs coachs d’impro en Ontario, t’as mené ton équipe à la victoire du tournoi national d’improvisation universitaire, t’as écrit des textes pour ton chum Stef Paquette, pour les Chiclettes, pour moi chez FLIP.

En fait, j’ai compris pourquoi tu t’appelais Micro. C’est pas parce que tu parlais fort, c’est parce que t’as dédié ta vie à trouver les bons mots pour les autres, pour faire rayonner les autres. Parce dans l’fond, pour toi, y’avait rien de plus beau que d’aider quelqu’un à trouver sa voix.

Puis c’est un peu dans cette lignée-là que je m’enligne pour finir ma lettre, mon chum. Je veux te dire merci. Merci pour les 10 000 discussions qu’on a eues, merci pour les personnages que tu as créés, merci d’avoir été un modèle pour des milliers de jeunes franco-ontariens. Merci de nous avoir fait rire. Merci d’avoir accepté de partager un bon chunk de ta vie avec moi. Oui, j'suis triste maintenant, mais ça, ça va passer. Ce qui va rester, c’est la chance que j’ai eu de te côtoyer.

Louis-Philippe Dion, mon torieux! T’as laissé un trou immense dans notre Franco-Ontarie qu’on aime tant. Mais j’pense que c’est safe de dire que c’est maintenant un meilleur endroit grâce à ton passage.

Je t’aime. Bon voyage. J’ai hâte de te revoir! J’suis pas full pressé, mais j’sais que tu vas m’attendre avec une bière froide, pis ça c’est nice.

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