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La petite histoire des grandes entreprises de Sherbrooke :  Kayser

Par ici l'info

Avec Renée Dumais-Beaudoin

En semaine de 5 h 30 à 9 h

La petite histoire des grandes entreprises de Sherbrooke :  Kayser

Rattrapage du mercredi 15 juillet 2020
Gants de soie vintage

Gants de soie vintage

Photo : iStock / lenalir

L'industrie du textile constitue un pan important de l'histoire de la ville de Sherbrooke. Les entreprises Paton et WaterBlue, qui ont toujours des marques visuelles dans le paysage sherbrookois, ont fait leurs marques dans le domaine de la laine et du vêtement. Quant à la Kayser, c'est dans le secteur de la soie qu'elle s'est illustrée.

L’Américain Julius Keyser arrive dans la région au début des années 1900, alors que la rumeur court déjà qu’un entrepreneur souhaite démarrer une industrie de la soie à Sherbrooke. Julius Kayser loue des locaux sur la rue Minto et Frontenac, en attendant une opportunité d’acheter un terrain plus grand pour son entreprise.

Cette opportunité se présente à la fin des années 1910. Le complexe de béton armé, tel qu’il existe aujourd’hui sur la rue Frontenac, est construit et offre de l’espace, de grandes fenêtres et des plans de travail beaucoup plus grands. La Kayser, qui se spécialise en fabrication de bas, de gants, des sous-vêtements et de lingerie en soie, devient rapidement un des plus gros employeurs de la ville.

Ce bâtiment sera agrandi en 1925 et en 1931, souligne David Lacoste, directeur général du Musée d’histoire de Sherbrooke. Cela fait seulement quelques années que l’entreprise est ouverte que Julius Kayser emploie déjà 800 employés.

En 1928, on parle de 300 fuseaux. Cela monte dans l’histoire de l’entreprise à 7500, 44 machines à tricoter, 345 machines à coudre. C’est une grande entreprise, l’édifice est énorme. Au milieu des années 30, cela produit près de 110 000 paires de bas de soie par semaine.

David Lacoste, directeur général du Musée d'histoire de Sherbrooke

La réputation des produits de la Julius-Kayser dépasse les frontières sherbrookoises. La production s’étend ailleurs au Canada et aux États-Unis, et les produits touchent les marchés canadiens, américains, anglais, australiens et néo-zélandais.

La Kayser, dans les années 30, occupe 20 % du marché. C’est énorme,soutient David Lacoste.

Le Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke.

Le Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke loge dans les anciens bâtiments de la Kayser.

Photo : Société des musées du Québec

Une entreprise ayant ses employés à coeur

Les conditions de travail sont relativement bonnes, même si les salaires restent bas. Les employés sont payés 10 cents de l’heure, alors qu'une douzaine d'oeufs en coûte 26.

Des grèves ont ponctué l’histoire de la Kayser, mais de moindre envergure que les autres entreprises de textile de la région. Dans les années 30 à 50, on recense environ 26 grèves importantes à Sherbrooke, dont seulement une d’une journée à la Kayser,souligne David Lacoste.

L’entreprise a bonne réputation et prend soin de ses employés. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, l’entreprise transmet même des voeux de bonne année à ses employés, qui sont au front. Elle leur envoie même un chèque de 25 dollars. Selon ce que la Tribune rapporte, à cette époque, l’entreprise avait même fourni des cartouches de cigarettes à ses [400] employés au front.

Victime de la mondialisation

L’entreprise périclite à partir des années 80, victime de la concurrence principalement asiatique.

En 1988, elle ferme ses portes alors qu’il ne lui reste que 150 employés. L'édifice est acheté en partie en 1999 par le Groupe Savoie, qui en fera des résidences pour personnes âgées.

Quant à l'autre partie, elle sera reconvertie en Musée du séminaire, qui deviendra le Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke.

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