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Chronique du Dr Alex Carignan, microbiologiste-infectiologue

Par ici l'info

Avec Renée Dumais-Beaudoin

En semaine de 5 h 30 à 9 h

Chronique du Dr Alex Carignan, microbiologiste-infectiologue

Rattrapage du mercredi 11 novembre 2020
Une seringue est trempée dans une petite bouteille identifiant un vaccin contre la COVID-19, devant un logo de Pfizer.

Une femme trempe une seringue dans une petite bouteille identifiant un vaccin contre la COVID-19.

Photo : Reuters / DADO RUVIC

Cette semaine, l'entreprise américaine Pfizer et allemande BionNTech ont annoncé que leur vaccin conjoint contre la COVID-19, qui en est à la dernière étape de tests avant de faire une demande d'homologation, était « efficace » à plus de 90%. Le Dr Alex Carignan, microbiologiste infectiologue à la Faculté de médecine et des sciences de la santé de Sherbrooke, juge que l'annonce est une bonne nouvelle, mais qu'il faut la prendre avec plusieurs grains de sel.

Il croit premièrement que le vaccin risque de prendre encore plusieurs mois avant d’arriver, et que les Québécois ne devraient pas s’attendre à y avoir accès avant la fin de l’hiver ou le début du printemps.

Il explique aussi que les résultats officiels de l’étude n’ont pas encore été dévoilés, puisque l’annonce des deux compagnies a seulement été faite par communiqué de presse cette semaine. En attendant, de nombreuses questions persistent, selon lui.

On a hâte de voir quelle est la durée de protection. On veut savoir aussi si on prévient des formes sévères [de COVID-19], des hospitalisations, des décès, ou uniquement des formes peu sévères. Est-ce qu’on réussit aussi à réduire les formes asymptomatiques, ce qui pourrait réduire la transmission dans la communauté?, se demande-t-il.

Les compagnies pharmaceutiques, malheureusement, ont pris l’habitude d’annoncer des nouvelles et de faire des communiqués de presse avant que les résultats officiels des études soient publiés dans des journaux scientifiques et révisés par les pairs

Dr Alex Carignan, microbiologiste infectiologue à la Faculté de médecine et des sciences de la santé de Sherbrooke

C’est un peu irritant, mais on va suivre ça de très près, ajoute-t-il.

Défis logistiques

Ce vaccin amènera également des défis logistiques. Il devra notamment être conservé à -70 degrés Celsius.On ne parle pas de congélateurs achetés chez Brault & Martineau, ça va être très compliqué de garder la chaîne de froid, souligne le Dr Carignan.

Le vaccin viendrait aussi en deux doses, ce qui amène certains enjeux à prendre en considération. S’il y a des effets secondaires, même bénins, par exemple, est-ce que ça pourrait empêcher les gens de vouloir recevoir leur deuxième dose parce que ça fait trop mal, s’ils ont fait un peu de fièvre, ou s’ils ne se sentaient pas trop bien après la première dose? C’est une nouvelle technologie de vaccin, donc il faudra suivre ça aussi, explique le docteur.

Il soutient qu’avec 40 000 patients qui ont participé aux essais cliniques, les effets secondaires immédiats seront bien connus au moment d’administrer le vaccin. Interrogé à Par ici l'info sur les effets secondaires à plus long terme, il explique quedans la vaccination, c’est quand même plutôt rare.

Un vaccin de chez nous?

Cette semaine, Medicago, une entreprise de Québec, a quant à elle annoncé avoir obtenu des résultats encourageants en étude clinique de phase 1. Même si cette phase de développement est beaucoup moins avancée que celle qui a été annoncée par Pfizer et BionNTech, le Dr Carignan voit cette nouvelle d’un bon œil.

C’est une bonne nouvelle de voir que c’est un vaccin qui produit des anticorps sur les gens qui sont vaccinés. C’est aussi une technologie intéressante de production à l’aide de plantes, donc c’est un moyen de production qui semble plus rapide [...] Et on ne peut pas être contre le fait d’en produire chez nous [des vaccins], et donc ne pas dépendre de toute la demande mondiale. Avoir une certaine souveraineté en termes de vaccination, ce serait bien intéressant.

Il remarque aussi que d’autres annonces du même genre devraient sans doute tomber au cours des prochaines semaines et des prochains mois, alors que des laboratoires de partout dans le monde travaillent sur la conception d’un vaccin.

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