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Âgisme et protection des aînés :  Marie Beaulieu, professeure-chercheuse, CDRV

Par ici l'info

Avec Renée Dumais-Beaudoin

En semaine de 5 h 30 à 9 h

Âgisme et protection des aînés :  Marie Beaulieu, professeure-chercheuse, CDRV

Rattrapage du mercredi 8 avril 2020

Raconte-nous Maurice, 11 septembre 1998

De nombreuses mesures sont exigées de la part des aînés en cette période d'incertitude afin de les protéger et de protéger la société. Le gouvernement Legault demande notamment aux personnes âgées de plus de 70 ans ne pas effectuer de sorties. Toutefois, de plus en plus de signes d'impatience sont observés à leur égard, surtout lorsqu'ils se déplacent en dehors de leur domicile.

La grogne envers les réfractaires s'est exprimée sur les médias sociaux et même en public, certaines personnes âgées ayant été insultées alors qu'elles se baladaient dans les lieux publics. Ce phénomène, selon la professeure Marie Beaulieu, correspond à de l'âgisme, soit une discrimination basée sur l'âge.

C'est le troisième "isme", après le racisme et le sexisme, explique Marie Beaulieu. Et malheureusement, l'âgisme est une situation qui perdure dans notre société. Et cela se manifeste de manière individuelle, moi je pourrais avoir des comportements et des attitudes d'âgisme, mais ça se manifeste aussi de manière collective, dans certains programmes, certaines orientations. C'est pernicieux.

L'autodétermination est une valeur clé en travail social gérontologique. Si l'autodétermination de tous est remise en question en cette période de pandémie, Marie Beaulieu soutient que ce message est encore plus fort chez les aînés. Elle se préoccupe toutefois du fait que tous les aînés sont mis dans le même panier, alors qu'il représente un groupe très hétérogène.

Le défi qu'on a, c'est qu'il y a des gens qui vivent dans leur propre domicile, dans leur propre maison. Il y a en qui vivent en milieux de vie collectifs. C'est gens là sont habituellement des gens autonomes, semi-autonomes. Les derniers, dont on parle beaucoup ces derniers-temps, ce sont les fameux CHSLD.

De nombreux aînés résidant dans leur domicile ou en milieu de vie collective sont très autonomes et impliqués dans leur communauté. Selon Marie Beaulieu, ils accusent durement le coup d'être mis à l'écart de la vie publique, et cela peut-être plus difficile pour eux de rester confinés.

Je pense que le choc que les gens ont, c'est qu'ils peuvent avoir une plus grande vulnérabilité sur le plan biologique, sur les réactions du corps.

Elle rappelle toutefois que les mesures de la santé publique vise d'abord et avant tout à assurer la sécurité de tous.

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