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Prescrit-on trop de médicaments pour traiter le TDAH?

Par ici l'info

Avec Renée Dumais-Beaudoin

En semaine de 5 h 30 à 9 h

Prescrit-on trop de médicaments pour traiter le TDAH?

Audio fil du mercredi 13 février 2019
Un contenant en plastique et des comprimés de Concerta de 54 mg déposés sur une table blanche.

Des comprimés de Concerta, un médicament utilisé pour traiter le TDAH

Photo : Radio-Canada / Louis Gagné

Dans une lettre ouverte, des pédiatres sonnent l'alarme pour dénoncer le traitement du trouble déficitaire d'attention avec ou sans hyperactivité chez les enfants (TDAH) au Québec. Ils exigent une remise en question collective afin que le médicament ne soit plus utilisé systématiquement contre la maladie.

La pharmacienne Anne-Émilie Dionne observe qu'il y a bel et bien eu une augmentation des prescriptions de médicaments pour traiter le TDAH, et ce, pour tous les groupes d’âge de moins de 25 ans.

Quels sont les médicaments utilisés pour traiter le TDAH?

Ces médicaments incluent les psychostimulants, l’atomoxétine (Straterra) et la guanfacine à libération
prolongée (Intuniv XR). Les plus courants et les plus efficaces sont toutefois les psychostimulants qui
regroupent :

  • le méthylphénidate // CA (Ritalin), AI (Ritalin SR), LA (Concerta, Biphentin, Foquest)
  • les dérivés d’amphétamines // CA (Dexedrine), AI et LA (Adderall, Vyvanse)

Ils agissent en facilitant le flux des signaux nerveux pour permettre une meilleure transmission de l’information dans le cerveau et ainsi permettre une meilleure concentration.

Les données du rapport de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) sur le portrait de l’usage des médicaments pour le TDAH, appuient cette observation. Pour les jeunes de 13 à 17 ans, le taux est passé de 3,4 % à 9,9 % entre 2006 et 2015.

« Avant les années 2000, l’usage des psychostimulants au Québec était semblable à celui du reste du Canada, mais il n’a pas cessé d’augmenter depuis 2000 et se démarque maintenant des autres provinces canadiennes », précise-t-elle.

La pharmacienne croit que cette hausse marquée est en partie causée par un surdiagnostic ou une surtraitance du TDAH.

Elle croit aussi qu'un phénomène de société pousse les élèves à la rigueur et l’ultra-performance.

Je pense qu’il y a bel et bien au Québec une surprescription de médicaments pour le TDAH et qu’il faudrait miser davantage sur les ressources psychosociales et la bonne hygiène de
vie avant de tendre immédiatement vers la médicalisation.

Anne-Émilie Dionne, pharmacienne

« On se tourne donc rapidement vers le dépistage précoce et la médication au lieu d’envisager les services psychosociaux et les autres formes d’aide aux troubles d’apprentissage, de concentration et de comportement », affirme-t-elle.

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