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Philippe Marcoux
Audio fil du vendredi 17 novembre 2017

Diasporas  :  au Mali, une crise qui perdure

Publié le

Une patrouille de Casques bleus de l'ONU à Kidal, au Mali.
Une patrouille de Casques bleus de l'ONU à Kidal, au Mali.   Photo : Reuters/Adama Diarra

Après plusieurs mois d'attente, le gouvernement Trudeau a divulgué mercredi les détails de son réengagement dans les missions de paix des Nations unies. L'annonce n'a pas fait l'unanimité auprès de la diaspora malienne de la région, qui espérait que des troupes canadiennes soient envoyées au nord du pays. Rencontres.

Un texte de Yasmine Mehdi


Kolado Sibidé, 35 ans, enseignant de français

Un homme assis sur un canapé jaune photographié devant une baie vitrée
Kolado Sidibé, résident de Gatineau d'origine malienne Photo : Radio-Canada/Yasmine Mehdi

Kolado est arrivé à Gatineau en 2013, un an après le début du conflit armé qui fait ravage dans le nord du pays. Originaire de Tombouctou, une ville qui a été sous le contrôle des djihadistes pendant plusieurs mois, l’enseignant de français espérait qu’un déploiement des Casques bleus canadiens parvienne à stabiliser la région. « Pour moi, c’était une fierté que le Canada intervienne au Mali », explique-t-il. À des milliers de kilomètres du Mali, Kolado évoque avec inquiétude le sort de sa famille restée au pays. Leur maison de Tombouctou a été complètement pillée au début du conflit - si bien que la famille a tiré un trait sur l’idée de retourner dans leur ville natale. « C’était comme une ville fantôme, où les terroristes étaient là et dictaient leur loi », se souvient-il avec tristesse.


Ibrahim Berthé, 32 ans, fonctionnaire et avocat

Un homme photographié devant un mur végétal
Ibrahim Berthé, résident de Gatineau d'origine malienne Photo : Radio-Canada/Yasmine Mehdi

Ibrahim est lui aussi déçu de l’annonce du gouvernement Trudeau. « Notre pays n’a pas les moyens de défendre ses frontières, on a vraiment besoin de l’aide internationale », plaide le juriste arrivé dans la région en 2012. « C’est vrai que ça fait un moment que je suis à l’extérieur du Mali, mais cette crise, on la vit tous les jours. Est-ce qu’il y a des gens qu’on connaît et qui sont morts? C’est quelque chose qui nous inquiète beaucoup », explique Ibrahim. Devant une crise qui dure depuis presque six ans et qui a fait plus de 130 000 réfugiés, Ibrahim dit avoir perdu espoir de voir la situation rentrer dans l’ordre sans une implication accrue de la communauté internationale.


Fatoumata Maiga, 24 ans, étudiante

Une jeune femme photographiée devant une étagère contenant des livres
Fatoumata Maiga, résidente d'Ottawa d'origine malienne Photo : Radio-Canada/Yasmine Mehdi

Fatoumata étudie le génie civil à l’Université d’Ottawa. Arrivée à Ottawa quelques semaines avant que le conflit au Mali n’éclate, pas une journée ne s’écoule sans que la jeune femme prenne des nouvelles de sa famille qui réside toujours au nord du pays. « Je m’inquiétais parce que je ne savais pas à quoi m’attendre. J’étais ici, mais toute ma famille était au Mali », se souvient-elle. Comme Kolado et Ibrahim, Fatoumata se sent impuissante devant ce conflit qui n’en finit plus. Confrontée à un sentiment de découragement, la jeune femme a choisi de ne pas rester les bras croisés. Cette année, elle a participé à la création d'un regroupement d’étudiants maliens dans l’objectif d’unir la diaspora de la région et d'aider les familles restées au Mali. « On essaie de voir ce qu’on peut faire pour aider », conclut-elle en souriant.

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