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Philippe Marcoux
Audio fil du lundi 30 octobre 2017

Diasporas  : une Gatinoise inquiète de voir le Venezuela sombrer dans l’impasse

Publié le

Un homme tient derrière lui un drapeau du Venezuela lors d'une manifestation le 24 juillet 2017.
Des milliers de personnes ont marché le 24 juillet pour dénoncer les violences faites aux manifestants qui protestent contre Nicolas Maduro.   Photo : Reuters / Ueslei Marcelino

Depuis plusieurs mois, le Venezuela s'enlise dans une crise politique, économique et humanitaire. À des centaines de kilomètres de Caracas et de ses manifestations quotidiennes, Aymara Agreda Coll s'inquiète de voir son pays natal sombrer dans la violence. Rencontre avec cette résidente de Gatineau qui raconte « vivre dans l'angoisse ».

Un texte de Yasmine Mehdi

Aymara Agreda Coll prépare le déjeuner, alors que sa mère Josefina est tranquillement assise sur le canapé. Arepas, perico, caraotas negras et queso fresco s'accumulent sur la table de la salle à manger et les deux femmes prennent place, tasse de café au lait à la main.

Aymara a quitté en 1991 Caracas, la capitale du Venezuela, pour poursuivre ses études au Québec. La fonctionnaire habite dans le quartier des Hautes Plaines avec son mari et ses deux fils depuis 25 ans. Son quotidien paisible a néanmoins été bouleversé par la crise qui s'intensifie depuis plusieurs mois dans son pays natal.

Une femme photographiée dans sa salle à manger. En arrière-plan, un meuble sur lequel on peut voir des figurines du Venezuela
Aymara Agreda Coll, résidente de Gatineau d'origine vénézuélienne Photo : Radio-Canada/Yasmine Mehdi

« On vit présentement dans l’angoisse. [...] La première chose qu’on fait quand on se lève, c’est prendre son téléphone et regarder les nouvelles sur les médias sociaux. C’est un réflexe », soupire Aymara, dont la famille éloignée vit toujours au Venezuela.

Elle raconte que ses proches manquent cruellement de nourriture et de médicaments. Sa mère âgée de 78 ans a perdu 16 kilogrammes dans la dernière année. Elle a pu venir au Canada l’espace de quelques mois pour « prendre ses médicaments, manger et vivre en paix », mais devra quitter le pays cet hiver.

Une dame attablée dans une salle à manger.
Josefina Agreda, la mère d'Aymara, devra bientôt retourner au Venezuela. Photo : Radio-Canada/Yasmine Mehdi

La crise vénézuélienne affecte le moral d’Aymara, mais aussi ses finances. En effet, la fonctionnaire doit souvent envoyer des colis contenant de la nourriture et des produits hygiéniques à sa famille. « Je fais une petite épicerie d’une centaine de dollars, mais ça me coûte 400 $ [à envoyer] », explique-t-elle.

Mis à part ces colis expédiés sporadiquement, Aymara a dû débourser près de 2000 $ pour acheter un billet d’avion à sa mère, en plus de 2600 $ en assurance médicale. « Mes ressources ici sont limitées, mais je dois faire un effort pour les aider », dit-elle.

Il y a une crise humanitaire méconnue. Les gens ne savent pas la portée de la situation sur le quotidien des Vénézuéliens.

Aymara Agreda Coll, résidente de Gatineau

En attendant un retour à la normale au Venezuela, Aymara, comme des centaines de Vénézuéliens des deux côtés de la rivière des Outaouais, n’est jamais bien loin de son téléphone, dans l’éternelle attente de nouvelles de ses proches. « Notre pensée est toujours là-bas », résume-t-elle d’un air résigné.

Selon les dernières données de Statistique Canada, on compte 1190 résidents d’origine vénézuélienne dans la région d’Ottawa-Gatineau, une augmentation de 35 % par rapport à 2011.

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