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Philippe Marcoux
Audio fil du vendredi 13 octobre 2017

Diasporas : Crise politique au Kenya, l’angoisse de la communauté d’Ottawa et de Gatineau

Publié le

Des personnes, qui semblent être pour la plupart des hommes et qui portent des t-shirts et des pantalons, sont en train de courir dans toutes les directions. Ils sont entourés de fumées et semblent lancer des pierres et d'autres petits objets vers des policiers.
Des partisans de l'opposition au Kenya renvoient les bombes lacrymogènes lancées dans leur direction par les policiers le 26 octobre 2017.   Photo : Reuters / Goran Tomasevic

À deux semaines d'un scrutin présidentiel, le Kenya s'enfonce dans une crise politique. Mardi, l'opposant du président sortant, Raila Odinga, annonçait le retrait de sa candidature et incitait ses partisans à manifester. Pendant ce temps, de l'autre côté du globe, dans la région d'Ottawa et de Gatineau, la diaspora kenyane retient son souffle en attendant le déroulement du scrutin, le 26 octobre.

Un texte de Yasmine Mehdi


Sarah Onyango, interprète et animatrice de radio

Une femme prise en photo dans la rue
Sarah Onyango, une Gatinoise d'origine kényane Photo : Radio-Canada/Yasmine Mehdi

Sarah Onyango vit à Gatineau depuis de nombreuses années. Arrivée au Canada lorsqu’elle avait 14 ans, Sarah rend souvent visite à sa famille restée au Kenya. Elle devait d’ailleurs s’envoler vers Nairobi cet hiver, pour passer Noël avec ses proches. C’était avant la crise politique. Sara devra maintenant reporter son voyage, en attendant que la situation rentre dans l’ordre. « Ce n’est pas comme si je pouvais prendre le bus ou sauter dans un Uber pour aller voir ce qui se passe dans le quartier de ma mère ou de mon père. Il y a vraiment un sentiment d’impuissance qui s’installe. On attend, on attend, on attend », soupire-t-elle.


Timothy Wakhanu Khaemba, adjoint dans une bibliothèque municipale

Un homme photographié dans un parc, un garçon sur une planche à roulettes en arrière-plan
Timothy Khaemba, un résident d'Ottawa d'origine kényane Photo : Radio-Canada/Yasmine Mehdi

Timothy Wakhanu Khaemba a quitté Nairobi pour Ottawa en 2002. Depuis, il n’est jamais retourné au Kenya et dit se plaire dans son quartier de Nepean, un endroit qu’il dit « très calme » comparé à son pays natal. Présent dans la communauté kenyane d’Ottawa et de Gatineau, Timothy confie que les élections ont créé des tensions jusque dans la diaspora. « Même si on se parlait hier, après les élections, on devient ennemis », déplore le père de famille âgé de 35 ans. Il espère que la situation rentrera dans l’ordre le plus vite possible. « On a surtout peur de la violence », explique-t-il, en rappelant que sa famille vit à Nairobi, où les violences postélectorales ont déjà fait de nombreux morts.


Kyalo Ngukou, résident d’Ottawa, linguiste et diplômé en journalisme

Un homme photographié de dos dans une rue
Kyalo Nguko, un résident d'Ottawa d'origine kényane Photo : Radio-Canada/Yasmine Mehdi

Comme plusieurs, Kyalo Ngukou est nerveux dès qu’il s’agit de parler de la situation politique au Kenya. « Il y a pas mal d’injustices qui arrivent lorsqu’il y a une crise qui tourne à la violence », explique-t-il. « Je ne suis pas au pays pour protéger les miens. Même si j'étais là-bas, qu’est ce que je pourrais bien faire? » Kyalo s’inquiète lui aussi de voir son pays natal, qu’il a quitté en 2011, sombrer dans la violence, comme ce fût le cas après les élections présidentielles en 2007. « Je suis inquiet pour le pays, car si ça ne marche pas, ça va être le chaos », conclut l'homme âgé d’une quarantaine d’années.


Nyambura Githaiga, diplômée en science politique

Une femme photographiée à l'extérieur
Nyambura Githaiga, une résidente d'Ottawa d'origine kényane Photo : Radio-Canada/Yasmine Mehdi

Si elle s’inquiète pour sa famille et ses amis, Nyambura Githaiga a bon espoir que le Kenya se relèvera de cette crise politique. « Je pense que les Kényans ont la capacité de développer les institutions démocratiques », affirme celle qui a obtenu un doctorat en science politique à l’Université d’Ottawa. Établie dans la capitale nationale depuis dix ans, Nyambura est née et a grandi à Nairobi. Elle estime que son expérience au Canada, dans une démocratie établie, lui a donné une perspective nouvelle quant à la situation dans son pays natal. « Même s’il y a des défis, la démocratie est en train de se développer au Kenya », affirme-t-elle.

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