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« Pendant que ... » avec Olive Kamanyana

Les matins d'ici

Avec Philippe Marcoux

En semaine de 5 h 30 à 9 h

« Pendant que ... » avec Olive Kamanyana

Rattrapage du jeudi 22 octobre 2020
Olive Kamanyana en entrevue avec Radio-Canada l'extérieur.

Olive Kamanyana a été candidate pour la Coalition Avenir Québec dans la circonscription de Pontiac aux élections de 2018. Elle préside maintenant l'organisme LeaderPOL.

Photo : Radio-Canada

La planification est elle synonyme de densification? Quel espace est réservé à la parole des organisations citoyennes dans l'utilisation du territoire gatinois?

Un texte de Olive Kamanyana

Je me rappelle les manifestations de juillet dernier contre la vente de la forêt Deschênes aux développeurs immobiliers. Après cette mobilisation, les élus ont dû abandonner la vente de ce terrain boisé à grande valeur écologique.

Au mois d’aout, il y a eu les plaintes citoyennes contre les futurs tours de Brigil situés au 62 et 64 boulevard Lucerne. Les citoyens s’opposaient aux dérogations accordées et aux remblaiements du milieu humide présents sur ce terrain.

Le projet a quand même été autorisé. Ce mois-ci, il y eut une altercation entre les citoyens et les employés du promoteur sur le terrain situé à l’angle du boulevard Lucerne et de l’avenue Frank-Robinson, dans le secteur Aylmer. Sans avoir aucun permis de la ville, son « bulldozor » détruisait l’écosystème dans l’environnement de ces citoyens.

Dans le même mois, il y a eu la plainte de Diane Paré de l’association pour l'environnement de Limbour qui a rappelé à la ville de replanter les onze pins blancs matures qui ont été coupés à l’entrée du pont Alonzo.

Ces exemples et ceux du passé m’amènent à m’interroger sur la place de la voix citoyenne dans la planification de l’utilisation du territoire. Cette grogne citoyenne me rappelle les discussions que j’ai soulevées sur le traitement des projets immobiliers, quand je siégeais sur le Comité consultatif d’urbanisme. J’ai été déçue par le peu de considération donnée à l’acceptabilité sociale des complexes immobiliers. Pourtant, il est clair que tout développement immobilier a un impact sur le milieu de vie et sur l’environnement des résidents.

Le réseau des associations des résidents de la ville de Gatineau se plaint de ne pas être réellement entendu par l’administration municipale. Comme bénévoles administrateurs de ces associations, nous connaissons nos quartiers. Nous déplorons les consultations qui tiennent pour des séances d’informations, surtout que ces consultations arrivent quand le projet est déjà prêt pour son approbation.

C’est cette fermeture de l’administration municipale qui provoque la naissance des mouvements-citoyens sur le territoire de Gatineau. France Gagnon qui a porté l’initiative du projet de préservation de la forêt Deschenes depuis le mois d’avril veut mettre sur pied un « Mouvement social pour un développement juste, vert et durable à Gatineau ». Elle est convaincue que la démocratie directe va réussir à faire changer les choses sur tout le territoire de Gatineau. Elle regrette ce qui arrive au secteur d’Aylmer depuis les 28 dernières années qu’elle habite Aylmer. Après la fusion, elle se rappelle de la coupe à blanc qui a donné lieu à l’état actuel du quartier du Plateau. Pourtant elle a choisi Aylmer à cause de la présence de la nature. C’est pour cela qu’elle fait tout pour protéger le quartier Deschênes.

Daniel Rosset de l’Association des résidents du Plateau fait tout pour voir la densification immobilière humaine dans le quartier du Plateau. Il demande aux élus un plan d’urbanisme qui protège une grande partie de la trame verte. Daniel travaille au moins 10-20 heures par semaine pour que la ville arrête de construire dans les boisés et dans les corridors verts.

Pour atteindre un développement immobilier humain, nous travaillons bénévolement avec l’administration, avec les élus et certains de nous se brûlent et sont forcés d’arrêter. Nous avons notre propre travail, nous avons nos familles. En fait, nous faisons face à des rapports de force qui sont faussés : l’administration publique bien outillée, les promoteurs qui sont forts financièrement, et nous, la société civile bénévole sans moyen.

Il est temps que la ville de Gatineau, les philanthropes, les universités et le secteur privé de la région contribuent financièrement pour nous soutenir. Il faut que les élus fassent de l’acceptabilité sociale une priorité dans la densification immobilière et l’utilisation du territoire de notre ville.

Je crois qu’il serait temps de créer un service 311 qui envoie les inspecteurs rapidement sur les lieux où se passent les abus sur l’environnement et sur l’écosystème de notre territoire. Ce n’est pas normal que les citoyens doivent faire la police pour protéger leur milieu de vie. Quand les inspecteurs mettent une semaine pour constater les faits, il est déjà trop tard. Il faut aussi que le respect des règlements en place passe par des conséquences exemplaires aux promoteurs fautifs.

Mais tout cela ne sera possible que si tout le monde met la main à la pâte. C’est clair que mes collègues du réseau des associations de quartier admirent les entrepreneurs qui investissent dans les projets immobiliers. D’ailleurs, de plus en plus, certains entrepreneurs partagent leurs idées de projets avec nous, bien en amont. Plus intéressants encore, nous travaillons en complicité avec l’administration et les élus pour que Gatineau soit un exemple à suivre dans le développement durable.

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