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Michel Doucet
Audio fil du vendredi 27 avril 2018

Pêche ou exploration pétrolière, quelle est la plus risquée pour la baleine noire?

Publié le

Une baleine noire de l'Atlantique nord femelle et son baleineau dans l'océan Atlantique au large de la frontière entre la Floride et la Géorgie, en février 2009.
Une baleine noire de l'Atlantique nord femelle et son baleineau dans l'océan Atlantique au large de la frontière entre la Floride et la Géorgie, en février 2009.   Photo : Associated Press / Aquarium de Nouvelle-Angleterre

Des pêcheurs de la Péninsule acadienne se demandent pourquoi les entreprises pétrolières ne se voient pas imposer de mesures pour protéger les baleines noires, et un scientifique dit comprendre leur frustration.

D’une part, le ministère des Pêches et des Océans impose une série de restrictions aux pêcheurs de crabe et de homard. Des pêcheurs de homard ont de la difficulté à comprendre pourquoi.

« Des baleines, moi, je n’en ai jamais vu. De grosses baleines comme ça, de ce qu’ils parlent, qu’ils nous montrent à la [télé], sur nos terrains de pêche ici, moi, je n’ai jamais vu ça », affirme Simon Bezeau, un pêcheur de homard de la Péninsule acadienne.

D’autre part, la pétrolière BP Canada, par exemple, a le feu vert des autorités réglementaires pour forer des puits exploratoires au large de la Nouvelle-Écosse.

« Je peux comprendre la frustration des pêcheurs quand ils sont soumis à des restrictions très strictes pour contrôler l’interaction entre leurs activités et celles des baleines noires », affirme Robert Michaud, directeur scientifique au Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins.

Un bateau de chercheurs près d'une baleine morte flottant dans le golfe.
Douze baleines noires sont mortes dans le sud du golfe du Saint-Laurent l'an dernier. Des nécropsies ont démontré que certaines d'entre elles avaient succombé à l'empêtrement dans des cordages de pêches; d'autres ont été victimes de collisions avec des bateaux. Photo : La Presse canadienne/Marine Animal Response Society

« Mais c’est sûr que ce qu’on pourrait plaider, c’est que la menace posée par la navigation et les activités de pêche dans les aires où il y a beaucoup de baleines est plus immédiate. Avec l’exploitation ou l’exploration pétrolière, on prend des chances », ajoute-t-il.

Les activités de l’industrie pétrolière en mer comportent des risques pour les mammifères marins, souligne M. Michaud.

« Lors de l’exploration, on met en fonction des canons acoustiques pour explorer la nature des fonds marins. Les bruits produits par cette activité sont considérables. Ça interfère avec l’activité de communication, de recherche de nourriture, de plusieurs espèces animales, entre autres des mammifères marins, possiblement des baleines noires », explique Robert. Michaud.

Les forages exploratoires et l’exploitation des gisements d’hydrocarbure comportent aussi des risques, poursuit M. Michaud, notamment le risque d’écoulement et le risque de collision associé au va-et-vient des navires.

« Quand on se retrouve au large de la Nouvelle-Écosse, il y a des gens qui ont jugé que les risques, parce qu’on est dans un milieu ouvert, sont moins grands. Je ne suis pas sûr que c’est un bon calcul. Le risque sur le plateau néo-écossais est accru par le fait qu’on s’apprête à forer dans des secteurs très, très profonds. [...] On pousse un peu aux limites nos capacités techniques », estime Robert Michaud.

C’est étonnant en 2018 que l'on continue à jouer à l’apprenti sorcier.

Robert Michaud, directeur scientifique au Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins

Les mesures imposées aux pêcheurs de crabe et de homard vont-elles améliorer la sécurité des baleines noires? « On le souhaite évidemment », dit-il.

Le scientifique recommande aux pêcheurs et au ministère des Pêches et des Océans de développer leur relation parce que les pêches vont se poursuivre dans les prochaines années et il faudra encore protéger les baleines si elles reviennent dans le secteur.

« Il faut se mettre en mode adaptatif, c’est-à-dire qu’on met des solutions en place, on essaie, on regarde les impacts, que ce soit socio-économique ou écologique, et on ajuste », conclut Robert Michaud.

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