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Sébastien Bérubé, le poète qui détestait le français

Le réveil / Nouveau-Brunswick

Avec Michel Doucet

Cette émission n'est plus à l'antenne.

Sébastien Bérubé, le poète qui détestait le français

Audio fil du mercredi 7 mars 2018
Sébastien Bérubé

Sébastien Bérubé

Photo : Gracieuseté Sébastien Bérubé

Sébastien Bérubé était loin d'être prédestiné à travailler dans le milieu littéraire. Encore moins à devenir poète. C'est une enseignante dévouée qui a changé sa vie en lui faisant aimer sa langue. Ces jours-ci, il parcourt la province dans le cadre de la tournée Les mots qui tournent du Conseil provincial des sociétés culturelles, pour aller à la rencontre des communautés et leur faire découvrir la littérature sous toutes ses formes.

Sébastien Bérubé, qui vit à Edmundston, n'aimait pas l'école

Je détestais lire et je détestais écrire.

Sébastien Bérubé, auteur

Sa vision du français a changé du tout au tout. Il a déjà publié deux recueils de poésie aux éditions Perce-Neige, Sous la boucane du moulin et Là où les chemins de terre finissent.

« Mon but, c'était d'avoir mon diplôme d'études secondaires le plus vite possible pour sacrer mon camp et aller jouer de la guitare dans les bars du Québec », raconte-t-il en entrevue à l'émission Le Réveil. « Je n'ai pas été élevé dans une maison où il y avait plein de livres, à part peut-être un livre de Danielle Steele au coin de la table. Je n'étais pas prédestiné à être auteur. »

Le déclic s'est produit lorsqu'une enseignante lui a fait faire des travaux supplémentaires pour améliorer ses résultats scolaires.

« On dit des fois qu'un enseignant peut changer une vie. Moi ça a été mon cas. En 11e année, j'ai eu une enseignante qui s'appelle Brigitte Sirois qui a vu une étincelle que les autres ne voyaient peut-être pas. »

Le jeune Sébastien Bérubé apprend alors à aimer le français en faisant des résumés de petits livres.

« Je me suis rendu compte que finalement, il y avait des livres qui m'intéressaient. [...] Un an plus tard je rentrais en littérature et en philosophie à l'université », raconte-t-il.

Avec la tournée Des mots qui tournent, le poète a la chance de rencontrer des gens de tous les milieux dans les communautés, mais également des élèves dans les écoles.

Sébastien Bérubé assis sur une scène. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Sébastien Bérubé rencontre des élèves dans le cadre de la tournée Les mots qui tournent.

Photo : Gracieuseté Sébastien Bérubé

« Je dis souvent aux jeunes que ce n'est pas le fait qu'ils n'aiment pas lire ou écrire, mais qu'ils n'ont pas trouvé encore ce qui les intéressait. On dit souvent que les jeunes ne sont pas intéressés par la langue [...], mais on oublie de leur enseigner à aimer cette langue-là. On répète souvent au Nouveau-Brunswick qu'il faut être fier de sa langue, mais être fier, ce n'est pas nécessairement aimer. »

Pour plus d'oeuvres acadiennes dans les écoles

Sébastien Bérubé souhaite aussi que la culture acadienne soit plus présente dans les écoles de la province. Il fait écho à l'auteur Gabriel Robichaud qui avait fait une sortie publique pour réclamer plus d'oeuvres acadiennes dans les programmes d'études des élèves du Nouveau-Brunswick.

Pour nous enseigner la poésie, on nous montrait un texte de Marie-Chantal Toupin. La seule oeuvre dans nos livres de textes, c'est [Nouvelle] politique d'école d'Acadie Rock de Guy Arsenault et l'activité était de la corriger en français standard. Si on traite ça de cette façon, on ne va pas amener nos jeunes à aimer cette culture.

Sébastien Bérubé, auteur

La tournée Des mots qui tournent se poursuit jusqu'au 29 mars.

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