Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Michel Doucet
Audio fil du jeudi 6 juin 2019

Des familles française et acadienne liées par le débarquement en Normandie

Publié le

Une photo d'archives en noir et blanc montre des soldats qui débarquent de bateaux sur une plage.
Les troupes canadiennes débarquent à Juno Beach, le 6 juin 1944.   Photo : Reuters

La famille d'un ancien combattant acadien blessé en Normandie en 1944 et la famille française qui l'a recueilli tissent des liens d'amitié depuis 75 ans.

Le 6 juin 1944, le régiment North Shore du nord du Nouveau-Brunswick débarque à Juno Beach, le nom de code donné par les alliés à la plage française de Courseulles-sur-Mer. Jusqu’à 14 000 soldats canadiens ont débarqué à cet endroit.

Accueillis par le feu nourri des troupes allemandes, les soldats canadiens ont franchi la plage et libéré la commune de Saint-Aubin, puis le village de Tailleville après des heures de combats où plusieurs d’entre eux ont péri.

L’un des membres du régiment North Shore, Alphonse Noël, de Lamèque, a été blessé pendant les combats pour libérer Tailleville.

Ça s’est produit juste à l’entrée de Tailleville, près de la ferme de la famille Cassigneul. C’est là que mon père, sur le coin d’une rue, a été blessé. C’était juste après que son commandant et deux autres soldats avaient été abattus par un tir de mitrailleuse allemande. C’était tout de suite après que mon père, qui était opérateur d’une mitrailleuse, a tiré. Ensuite, il s’est fait blesser. Une balle lui a coupé le nez. Il a réussi quand même à ramper sur le sol. Il y a une grenade qui a explosé. Il a pu revenir à l’abri, explique Roger Noël, fils d’Alphonse Noël.

Le soldat acadien a été recueilli par la famille Cassigneul. Par la suite, Alphonse Noël a participé à d’autres batailles en France, en Hollande et en Allemagne jusqu’à la fin de la guerre.

Après sa retraite, Alphonse Noël est retourné en Normandie accompagné de son fils, de sa fille et de son beau-fils. Les deux familles ont alors repris contact. C’était en 1984.

Alphonse Noël et ses enfants sont venus à Tailleville, sur les lieux où il avait été blessé. Il s’est arrêté devant la ferme. Là, il a regardé et il a aperçu quelqu’un qui était dans le jardin. C’était mon père. Là, il a demandé : “Étiez-vous là le 6 juin?” Et il dit oui. Mon père était tout content. Ils se sont aussitôt rapprochés les uns des autres. Ils sont rentrés à la ferme. Ils ont discuté de tout ce qui a pu se passer. Après, ils sont restés toujours en contact, raconte Félix Cassigneul.

La famille Noël est retournée à Tailleville en 2004 pour le 60e anniversaire du débarquement. À ce moment, le nom d’Alphonse Noël a été donné à la place où il avait été blessé.

Quand il y a eu l’inauguration en 2004, mon père avait fait un petit discours. Il a accepté l’honneur bien humblement, surtout au nom de ses camarades du North Shore qui ont combattu avec lui, tous ceux qui y ont laissé leur vie, affirme Roger Noël.

Photographie de famille prise sur la place Alphonse Noël
Félix et Lucette Cassigneul (à gauche), accompagnés de Dina Thériault, son mari Brian Bernard, et de Roger Noël entourent la nouvelle plaque commémorative du débarquement à Tailleville.   Photo : Famille Cassigneul

L’idée de consacrer une place à Alphonse Noël était de Félix Cassigneul.

C’est un honneur pour nous. Je passe 10 ou 20 fois dans la journée devant cette petite place dès que je sors de ma cour. Elle est juste à quelques mètres de chez moi. Pour tout le monde, ma famille, c’est très important, indique Félix Cassigneul, ancien maire de Tailleville.

Des membres de la famille Cassigneul ont rendu visite aux Noël au Nouveau-Brunswick en 2006, précise Roger Noël. Ce dernier est en France ces jours-ci avec sa soeur et son beau-frère pour le 75e du débarquement. Ce sont des émotions d’être encore ici aujourd’hui, dit-il.

«À l'occasion du 75e anniversaire de la libération, nous nous souviendrons des ces hommes perdus, à la recherche de la paix», peut-on lire sur la plaque.
Une plaque récemment installée à Tailleville commémore les sacrifices des soldats canadiens qui ont libéré le village en 1944.   Photo : Lucette Cassigneul

Une plaque commémorative soulignant les sacrifices des soldats acadiens vient tout juste d’être installée sur un mur de la place Alphonse Noël. Le village rendra hommage aux soldats canadiens tombés le 6 juin 1944 lors d’une cérémonie jeudi après-midi.

Avec les renseignements de l’émission Le réveil Nouveau-Brunswick

Chargement en cours