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Les hauts et les bas du niveau de vie des immigrants en milieu minoritaire

Le réveil / Nouveau-Brunswick

Avec Michel Doucet

Cette émission n'est plus à l'antenne.

Les hauts et les bas du niveau de vie des immigrants en milieu minoritaire

Audio fil du jeudi 16 mai 2019
Des immigrants prêtent serment durant une cérémonie d'octroi de la citoyenneté canadienne

La nouvelle étude de Statistique Canada s'intitule Rémunération des immigrants et des enfants d'immigrants appartenant aux minorités de langue officielle. Elle est basée sur les données du recensement de 2016.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Les immigrants francophones en milieu minoritaire au Canada gagnent en moyenne autant ou plus que leurs homologues anglophones, mais ils sont beaucoup moins nombreux, selon des données présentées cette semaine par Statistique Canada.

À l’extérieur du Québec, indique l’agence fédérale, 90 800 immigrants ont déclaré le français comme langue officielle parlée en 2016. Chez les anglophones, toujours à l’extérieur du Québec, environ 5 millions de personnes sont issues de l’immigration.

Des organismes francophones en milieu minoritaire pressent les gouvernements de faire plus d’efforts pour attirer des immigrants francophones. Faut-il s'inquiéter pour la vitalité du français en milieu minoritaire à la suite des nouvelles données de Statistique Canada?

Ce serait quelque chose d’inquiétant si ça ne progressait pas, mais on a vu du progrès. Donc, on peut dire qu’il ne faut pas nécessairement s’alarmer de ça, mais il faut certainement rester aux aguets à ce que les gouvernements continuent à faire des efforts et même qu’ils redoublent d’efforts. On estime que le nombre d’immigrants francophones, par exemple au Nouveau-Brunswick, devrait doubler sinon tripler au cours des prochaines années pour que ce soit plus équitable par rapport à la proportion de la population francophone, explique un chercheur à l'Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques à l'Université de Moncton, Dominique Pépin-Fillion.

Les immigrantes et les enfants d'immigrantes de langue française gagnaient environ 6 % de plus que les immigrantes de langue anglaise, selon Statistique Canada. Chez les hommes, la rémunération annuelle des immigrants et des enfants d'immigrants de langue française était comparable à celle de leurs homologues de langue anglaise.

Le bilinguisme qu’acquièrent assez rapidement les immigrants de langue française à l’extérieur du Québec est valorisé sur le marché du travail, souligne Dominique Pépin-Fillion. Mais, ajoute-t-il, les immigrants en général gagnent moins que les autres travailleurs.

Il y a des améliorations à faire parce que si les immigrants francophones font mieux que les autres immigrants disons anglophones sur le marché du travail à l’extérieur du Québec, par exemple ils font moins bien que la population née au Canada et qui n’est pas issue de l’immigration. Là, il y a de grandes différences. [...] Ce que les immigrants nous disent dans nos recherches, entre autres les pistes de solutions, c’est qu’il faut augmenter les services d’aide à l’intégration, affirme M. Pépin-Fillion.

Le chercheur mentionne par exemple l’aide à l’apprentissage de l'anglais, à la recherche d’emploi ou à l’intégration sociale des immigrants. Il faut aussi améliorer la reconnaissance des diplômes acquis à l’étranger, dit-il, parce que bien des immigrants se retrouvent encore à exercer des emplois à un salaire inférieur à leurs compétences.

Il y a là des épreuves, des défis qu’ils rencontrent et où on doit s’améliorer comme société d’accueil de manière systémique, mais aussi en leur offrant des services pour leur intégration socio-économique, conclut Dominique Pépin-Fillion.

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