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Y a pas deux matins pareils, ICI Première.
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Rattrapage du mercredi 21 avril 2021

Le comité autochtone de Toronto veut jouer un rôle dans la stratégie des ravins

La communauté autochtone de Toronto veut jouer un rôle dans la stratégie des ravins

Publié le 21 avril 2021
Le ravin Massey Creek
Le ravin Massey CreekPHOTO : Radio-Canada / Muriel Draaisma

La communauté autochtone de Toronto devrait être incluse de manière holistique dans la stratégie des ravins, pensent les membres du comité autochtone de la Ville Reine. Le 16 avril, à l'occasion d'une réunion du comité, les membres ont voté en faveur d'une motion demandant au département des parcs de faire une place à l'éducation, à l'écologie et à l'économie autochtone lors de la mise en œuvre de la stratégie des ravins.

Les membres du comité souhaitent aussi un aménagement de l’espace autochtone ancré sur les cinq principes de la stratégie de la ville: protéger, investir, connecter, faire des partenariats et célébrer.

Frances Sanderson, une membre du comité, se réjouit de participer à la mise en œuvre de la stratégie à ses débuts. C’est ici que la réconciliation a lieu, quand la ville se réconcilie avec l’idée que la communauté autochtone fait partie de la ville, dit-elle. Pour vraiment travailler sur la réconciliation, le leadership autochtone guidant ce qui arrive par la suite dans la stratégie doit être visible, ajoute Sheila Boudreau, une professeure de l’Université Ryerson qui a fait une présentation lors de la rencontre du 16 avril.

Importance historique

Avant l’arrivée des Européens, les ravins de la ville de Toronto servaient de route de commerce pour les différentes nations autochtones qui habitaient le territoire, comme la Première Nation des Mississaugas de Credit.

Les ravins représentent le tissu social de Toronto. Les ravins et les rivières sont les raisons pour lesquelles les colons sont venus s’établir ici, note Sheila Boudreau, qui est de descendance acadienne, micmaque et celtique. Frances Sanderson compare les ravins à des autoroutes, un élément vital pour la communauté autochtone.

Frances Sanderson espère que la stratégie des ravins aura un volet éducatif qui ira au-delà des simples plaques explicatives. Elle suggère d’apprendre aux jeunes élèves torontois l’importance des plantes indigènes et le nettoyage des berges, par exemple.

Les enfants doivent apprendre à un jeune âge et s’ils peuvent visualiser que la terre sur laquelle ils se trouvent est comme leur mère, peut-être qu’ils marcheront plus doucement, qu’ils penseront un peu plus avant de faire certaines choses, note Frances Sanderson.

Les ravins, jugent Frances Sanderson et Sheila Boudreau, sont menacés et il est important de protéger la biodiversité, les rivières et les ruisseaux. Leurs inquiétudes rejoignent celles de la ville.

L’impact d’une ville en plein changement

Lors de la rencontre du 16 avril, le président du comité autochtone, le conseiller municipal Mike Layton, a affirmé qu’il s’attendait à des investissements importants dans la gérance environnementale des ravins au cours des prochaines années. 30 % des Torontois habitent à moins de 500 mètres d’un ravin et la ville s’attend à ce que ce phénomène s’intensifie, alors que la population est en pleine croissance.

Les activités humaines auront une incidence sur les écosystèmes, tout comme les changements climatiques. Les ravins jouent un rôle important dans la gestion des eaux pluviales : c’est dans les ruisseaux et rivières que sont déchargées ces eaux. Les fortes tempêtes pourraient devenir plus fréquentes, ce qui pourrait mener à des inondations et à l’érosion des berges.

Sheila Boudreau, une architecte paysagiste de formation, évalue que la construction de nouveaux toits et le pavement de la chaussée près des ravins augmentent la quantité de surfaces imperméables et ainsi, la quantité d’eau qui se retrouve dans les ravins. Elle aimerait que les ravins deviennent des aires protégées et de conservation autochtone. Ce serait une première en Ontario.

Le conseiller municipal Mike Layton pense toutefois que la mise en place d’une aire du genre serait complexe. Le Parc urbain national de la Rouge couvre 10 % de la superficie du territoire des ravins et une mosaïque de terrains privés ou gérés par des établissements publics couvrent 40 % de l’aire.