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Y a pas deux matin pareils
Y a pas deux matin pareils
Rattrapage du vendredi 16 avril 2021

Les infirmières formées à l'étranger pourraient-elles aider la province?

Des infirmières formées à l’étranger pourraient aider l’Ontario durant la troisième vague

Publié le 16 avril 2021
Une femme reçoit une injection.
Une infirmière administre le vaccin Pfizer-BioNTech contre la COVID-19 à une femme au Michener Institute, à Toronto.PHOTO : Getty Images / CARLOS OSORIO

Malgré ses 14 ans d'expérience à titre d'infirmière en France, la Torontoise Agnès Reutenauer ne peut aider la province dans sa lutte contre la troisième vague comme elle le souhaiterait en raison d'un processus de reconnaissance des compétences qu'elle dit rigide et qui semble voué à l'échec. Trois ans après son arrivée au pays et le début du processus, elle est toujours en attente de réponse et n'est pas en mesure d'exercer son métier.

Selon des données présentées en septembre par l'Association des travailleurs de soutien personnel de l'Ontario lors d’un témoignage devant la Commission d'enquête sur la COVID-19 dans les foyers de soins de longue durée, la province compterait 10 000 infirmières formées à l’étranger.

J’ai un travail, c’est bien, mais ce n’est pas moi et j’aimerais me rendre utile et j’aimerais aider les collègues dans une situation de crise jamais connue, affirme Agnès Reutenauer qui suit la situation dans la province avec un sentiment d’impuissance et d’inutilité.

Alors que l’Ontario se prépare à ouvrir 350 nouvelles places aux soins intensifs, des spécialistes s’inquiètent du manque de personnel pour soigner les nouveaux patients. La ministre de la Santé, Christine Elliott, dit explorer des solutions pour pallier le manque de personnel, mais le recrutement accéléré d’infirmières formées à l’étranger n’a pas été abordé.

La province encourage les professionnels de la santé formés à l’étranger à s'inscrire au Portail de jumelage des ressources humaines de l’Ontario, mais seulement un peu plus de 2 600 l’ont fait en date du 29 janvier 2021, rapportait le National Post en février.

Un long processus

Agnès Reutenauer a ouvert son dossier avec le Service national d’évaluation infirmière (Service national d’évaluation infirmière) en janvier 2018, deux mois avant son arrivée au Canada. La création du dossier, qui est par la suite évalué par le Service national d’évaluation infirmière, représente la première étape pour toutes les infirmières formées à l’étranger qui souhaitent travailler au Canada.

La Torontoise a complété son dossier en septembre 2020 et attend maintenant un rapport évaluatif du Service national d’évaluation infirmière. Une fois le rapport obtenu, elle pourra faire une demande d’inscription à l’Ordre des infirmières et infirmiers de l’Ontario. L’objectif du Service national d’évaluation infirmière c’est de rendre un rapport d’évaluation en quatre mois une fois que tous les documents sont réunis, mais clairement ce n’est pas un objectif qui est atteint. Là j’en suis à huit mois et je ne suis qu’au début, se désole-t-elle.

Christine Cordero est infirmière diplômée aux Philippines depuis 2015. En début d’année, elle a appris de la part du Service national d’évaluation infirmière que son dossier était insuffisant. Il faut débourser 500 dollars américains pour faire appel de la décision, un prix que l’infirmière trouvait trop élevé. Elle se prépare maintenant à l’examen NCLEX-RN qui permet aux infirmières de travailler en Ontario, même si le Service national d’évaluation infirmière a jugé qu’elles n’étaient pas admissibles à une équivalence des connaissances. L’option est disponible depuis le 4 mars 2021.

Les organisations disent agir

Dans un courriel, la directrice générale du Service national d’évaluation infirmière, Gayle Waxman, estime que le processus de demande dure en moyenne douze mois. C’était le cas dans le passé et c’est le cas cette année, malgré la pandémie, indique-t-elle. Le Service national d’évaluation infirmière s’engage à optimiser les processus pour répondre aux besoins des candidats, des ordres professionnels et du système de santé, ajoute la directrice générale.

L’Ordre des infirmières et infirmiers de l’Ontario, pour sa part, a mis en place des processus pour accélérer l’inscription des candidats. Nous continuons d’être disponibles pour répondre aux employeurs et nous sommes en discussion active avec le gouvernement ontarien, note une porte-parole.